Pour casser Milquet et Moureaux, Bracke a le sens de la formule

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19/03/12 - 15h02
© photo news.

Ceux qui se disaient que les conflits communautaires de bas étage sont enfin mis de côté depuis le terrible accident de Sierre, en Suisse - où faut-il le rappeler, un accident de car belge a coûté la vie à 22 enfants et six adultes la semaine dernière - se fourvoyaient. Siegfried Bracke, qui était l'invité de Pascal Vrebos sur RTL-TVi, en a fait la démonstration dimanche, critiques et bons mots à l'appui.

Pas plus d'unité après Sierre qu'après la mort de Baudouin
"Plus de Bruxelles, plus de Wallons, plus de Flamands, rien que des Belges... ça provoque chez vous une réflexion?", demande le journaliste francophone. "Oui mais une réflexion plutôt humanitaire que nationale, étant tous touchés au plus profonds de nous en tant qu'être humains. Mais il ne faut pas en tirer de conclusions trop vite", annonce d'entrée la célèbre figure de la N-VA.

Et le député de comparer l'événement à la mort du Roi Baudouin, qu'il avait couverte en tant que journaliste à l'époque. Il avait alors vécu comme chaque Belge l'émotion populaire qui avait découlé de la mort du souverain. Selon lui, là aussi, un semblant d'union profondément belge, d'unité nationale, avait semblé émerger d'un pays déjà déchiré par ses différentes entités, mais  sans qu'il n'en ressorte jamais rien de solide, au final. "J'avais moi-même commenté l'événement comme étant un 'fait politique' aussi, mais c'était une erreur", analyse-t-il avec le recul.

Après avoir eu la "politesse" de concéder que l'attitude d'Elio Di Rupo et son gouvernement a été "parfaite" vu la difficulté des circonstances en Suisse, Siegfried Bracke reprend toute la verve qu'on lui connaît. Il aura suffi d'aborder les tensions communautaires et le cas de la mission au Vietnam pour attiser la flamme nationaliste du député. "Il y a toujours eu concurrence entre Régions à l'étranger", sourit-il.

Joëlle, ce brouillon chaotique
Au moment de s'adonner à un exercice de préférence, à savoir de faire le podium de ses favoris entre Elio Di Rupo, Olivier Maingain, Didier Reynders et Joëlle Milquet, Siegfried Bracke s'est fait un plaisir de ne pas user de la langue de bois. Son favori? Elio. "J'ai baucoup de respect pour Monsieur Di Rupo, je ne suis pas d'accord avec lui, mais j'admire son intelligence politique, il a très bien joué et a obtenu exactement le résultat qu'il voulait - mieux que nous - et ça il faut l'avouer". Numéro deux, Didier Reynders, pour les similitudes entre le programme politique des deux partis.

En trois, Joëlle Milquet, qu'il côtoie beaucoup à la Chambre en commission de l'Intérieur, avec qui "Pfff ça se passe bien, mais elle est plus ou moins chaotique, elle vient beaucoup en retard. Oui oui oui elle est brouillonne", confirme le député N-VA sur le ton de l'évidence.

Moureaux, "l'homme le plus machiavélique du monde politique"
Et Bracke d'embrayer joyeusement à toutes les perches qui lui sont tendues. Di Rupo: sa qualité, son défaut? "Qualité? Il est prudent, mais trop. Son défaut? Il pense servir la Wallonie alors qu'il fait l'inverse". Une note pour le Prince Philippe? "4/10". Le gouvernement papillon? "3/10. Il ne travaille pas dans l'intérêt de nos enfants".

Des amis francophones? "Philippe Moureaux, je l'aime bien et j'adore son intelligence, mais en même temps c'est l'homme le plus machiavélique du monde politique belge. Et pourtant il y en a d'autres! Le plus cynique possible. Il organise un prolétariat à Molenbeek pour rester au pouvoir", décrit Bracke. Un vrai ami francophone cette fois? "Christophe Deborsu. Je l'ai bien connu, c'est moi qui l'ai fait connaître sur la VRT. Pourquoi lui? Parce qu'on ne se connait plus en Flandre et Wallonie, et je l'appelle toujours 'La Voix du Sud'. Il m'a appris des choses! Par exemple, qu'on ne se comprend pas".

Au-delà des paroles acidulées dont il est expert, Siegfried a démontré qu'il reste confiant pour l'avenir de son parti pour les élections de 2014 et bien au-delà. "Il y a une loi pour avoir raison en politique: il faut de la patience et être assez nombreux (ndlr: à épouser et voter pour les idées du parti). A la N-VA, nous avons les deux". Le rendez-vous est noté.

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