La Commission renvoie la balle à Arcelor-Mittal sur les quotas de CO2
La Commission européenne a renvoyé lundi la balle dans le camp d'Arcelor-Mittal, dans le dossier des quotas de CO2 qui empêche la relance du haut-fourneau 6 de Seraing.
"Il n'y a pas de problème de manque de souplesse" dans les règles européennes actuelles, a déclaré un porte-parole lors du briefing quotidien de la Commission. "Il y a de la souplesse et il appartient en premier lieu à l'entreprise concernée d'en faire usage", a-t-il ajouté. Mise sous pression par les autorités belges depuis octobre dernier, la Commission européenne a toujours indiqué qu'il lui était impossible d'augmenter d'autorité le volume de quotas alloués à Arcelor-Mittal dans le bassin liégeois, sous peine d'encourager d'autres demandes similaires dans d'autres Etats membres.
Pour l'exécutif européen, le mécanisme actuel offre une souplesse suffisante aux entreprises qui manquent de quotas. Celles-ci peuvent soit acheter des quotas sur le marché européen, financer des projets de développement propre à l'étranger et gagner ainsi des quotas, ou, dans le cas précis d'Arcelor, transférer des quotas de ses autres installations européennes vers Liège. Aucun geste ne pouvait être attendu du côté de la Commission européenne, la Région wallonne aimerait que l'Etat fédéral intervienne financièrement pour acheter de nouveaux quotas.
Le dossier fait actuellement l'objet d'âpres discussions entre les Régions et l'Etat fédéral au sein d'un groupe de travail spécialement crée. La sidérurgie liégeoise a vécu lundi un mouvement de grève pour une durée de 24 heures. La grève vise à dénoncer la non-relance du haut-fourneau 6 de Seraing, pourtant promise pour lundi par Arcelor-Mittal. Les syndicats entendent surtout faire pression sur la direction, afin qu'elle prenne ses responsabilités financières pour acquérir des quotas, mais également sur les politiques.
"La région pourrait refuser de ratifier le traité de Lisbonne si l'Europe refuse de revoir sa position sur les quotas. Ce serait un moyen de mettre la pression", a ainsi menacé le syndicaliste Egidio Di Panfilo (FGTB). (belga/7sur7)