Tous les bureaux de police de quartier de Charleroi sont à l'arrêt depuis ce mardi matin et le resteront jusqu'à midi: le front commun syndical en a expliqué les raisons, évoquant des problèmes d'infrastructure, d'équipement et de matériel, de personnel et de relations entre l'autorité les représentants du personnel. Les services d'urgence de la police (101) fonctionnent cependant.
Le mouvement a été décidé en front commun syndical et il ne s'agit pas de prendre la population en otage, pas plus que de revendiquer des avantages sociaux, ont expliqué les intervenants des différentes organisations syndicales, pour qui il s'agit de permettre à la police de continuer à être au service du public.
Tristes locaux
Ils ont pointé les problèmes existant dans les différents secteurs. Ainsi des locaux des commissariats. Le commissariat incendié il y a plusieurs années à Marcinelle, est toujours dans un état "provisoire" sous forme de containers; celui de Lodelinsart, endommagé par des cocktails Molotov, n'a pas été remis en état; des rats peuplent celui de Monceau-sur-Sambre. D'une manière générale, disent les policiers, les locaux sont dans un état indigne tant de ceux qui y travaillent que des plaignants, qu'il s'agisse d'hygiène ou de sécurité.
Manque de matériel
Côté véhicules, dénoncent encore les policiers, leur nombre est insuffisant et il faut "jouer à la chaise musicale" pour en disposer lors d'interventions, avec quatre véhicules en état pour une douzaine d'équipes. Pour résoudre le problème, selon eux, on le déplace en utilisant des véhicules de polices de quartier. Les mêmes lacunes existent pour l'ensemble du matériel: cartouches d'imprimantes, ordinateurs, etc.
Problème d'effectifs
C'est une des raisons pour lesquelles la zone de Charleroi est aussi peu attractive, expliquent les policiers. Les conditions de travail n'incitent pas y venir, et les effectifs, déjà insuffisants puisqu'il manque 200 policiers au cadre, se réduisent encore: une cinquantaine de demandes de départ vers d'autres zones ont été introduites et 150 départs à la pension sont prévus entre 2007 et 2012. De ce fait, les demandes d'intervention restent insatisfaites dans des proportions inquiétantes: 12,3% l'an dernier, mais 18,4% sur les seuls quatre derniers mois de l'année.
Manque de dialogue
Ce sont autant de problèmes soulignés depuis plus d'un an, rappellent les policiers, qui déplorent aussi le manque de véritable dialogue avec les autorités communales. Ainsi, le bourgmestre était absent lors du dernier comité national de négociation, où étaient présents des ministres fédéraux et les autorités policières nationales. De même, aucun échevin n'était là, pour le Comité de concertation réuni la semaine dernière au niveau de Charleroi.
Fossé
Pour le secrétaire régional de la CGSP, c'est l'ensemble du fonctionnement de l'administration communale qui est en cause et qui crée un fossé de plus en plus grand entre autorités et police. Les syndicats réclament dès lors d'être associé à l'utilisation du budget de la police, et un plan annuel d'action.


