Le comité d'audit de L&H demande l'acquittement pour négligences
Le ministère public a encaissé un coup dur mardi au procès L&H qui se tient à Gand. Le président du comité d'audit interne n'assistait en effet pas à la réunion cruciale du conseil d'administration du 13 avril 2000, sur laquelle se basait jusqu'à présent le ministère public pour poursuivre les trois membres de ce comité. Il était à ce moment en voyage d'affaires.
La "négligence par excellence", a plaidé l'avocat Frank Wijckmans, après avoir pointé du doigt diverses "lacunes" durant toute la journée. L'approbation des comptes de l'année 1999 occupe une place centrale dans les poursuites contre le comité d'audit interne. Cette décision a eu lieu à la réunion du conseil d'administration du 13 avril 2000.
Selon la version du ministère public, le comité d'audit n'a pas tenu compte des différents signaux d'alarme indiquant que quelque chose se passait avec les LDC (Language Development Companies) et a approuvé les comptes. Me Wijckmans a essayé de réduire à néant la démonstration du ministère public.
Négligences
Il a dénoncé la manière sélective avec laquelle les preuves ont été utilisées par le ministère public qui, selon l'avocat, n'a pas fait mention de plusieurs éléments à décharge dans son plaidoyer. De plus, Erwin Vandendriessche, le président du comité d'audit, n'a pas assisté à la réunion dont il est question. Il était parti quelques jours plus tôt aux Etats-Unis pour le compte de son employeur.
"Un dossier peut être incomplet, mais celui-ci est très incomplet", a déclaré l'avocat des trois prévenus. L'autre avocat du trio, Jef Vermassen, a ensuite cherché la raison d'un possible délit. Les trois membres du comité d'audit n'ont rien gagné durant leur période passée chez L&H. "Pourquoi risqueraient-ils leur belle carrière, leur nom et leurs biens pour rien?", s'est-il demandé.
"Si ce raisonnement se révèle fondé, alors la société doit être protégée et ils doivent être internés, car ils ne sont pas responsables." Les trois prévenus ont demandé l'acquittement pour les charges retenues contre eux. "J'espère que le cauchemar de ces gens sera vite terminé. Ils ont pleinement collaboré à l'enquête pendant un an et demi, et ensuite ils ont subitement été inculpés. Pour eux, c'est une période tragique qui a alors commencé", a conclu Me Vermassen.