© belga.
La cour d'assises du Hainaut, présidée par Oliver Delmarche, a visionné lundi après-midi l'audition filmée de trois camarades d'école de Wasir, le frère de la victime, à qui il s'était confié au moment des faits et celle de Mohamed Jratlou passant l'épreuve du polygraphe. L'accusé doit répondre du meurtre de son fils, Younes, retrouvé dans les eaux de la Lys à Comines le 10 novembre 2009.
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Au moment de la disparition de son jeune frère, Wasir aurait confié à ses amies d'école qu'il savait où il était mais qu'il n'osait pas le dire parce qu'il craignait que "la personne fasse le même". Sans donner d'explication.
Une des trois jeunes filles auditionnées a indiqué qu'à l'école, assise derrière le banc de Wasir, elle avait aperçu un dessin où il avait représenté les membres de sa famille. "Son papa avait un 'je ne sais pas quoi'. Sa maman était là et lui aussi. Son petit frère était allongé par terre à côté de son père. Il avait son pull, sa couche et une écharpe jaune", a précisé la jeune témoin.
L'après-midi a été consacrée au test polygraphique, plus communément appelé détecteur de mensonges, au cours duquel M. Jratlou avait soutenu ne pas avoir tué son fils. Les questions sont tantôt de contrôle, tantôt relatives aux faits. L'accusé a choisi de l'effectuer en français obligeant l'expert à répéter régulièrement ses demandes afin qu'il comprenne correctement.
A la question de savoir s'il a tué Younes, l'accusé répond "Non. Je te le jure; de ce côté-là j'ai la conscience tranquille". Il assure également qu'il n'a jamais menti ni commis d'infraction. Sur l'échelle d'évaluation de l'honnêteté, M. Jratlou s'attribue une note de 100%.
C'est pourtant à deux reprises qu'il échoue au test. Des réactions mensongères non expliquées par l'accusé qui estime avoir été utilisé comme une marionnette pendant cette audition.
Le polygraphe ne constitue pas une preuve légale mais un élément d'appréciation parmi d'autres mis à la disposition du jury. "Il s'agit d'un test sur l'angoisse. Comment voulez-vous qu'un père, accusé d'avoir tué son fils, ne soit pas angoissé ? ", a relativisé Me Xavier Magnée, conseil de l'accusé.
Mardi matin, la cour visionnera l'audition filmée de Wasir.


