Le père de Younes coupable de coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner
© belga.MISE À JOUR Mohamed Jratlou a été reconnu coupable de coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner sur la personne de son fils Younes, avec les circonstances aggravantes qu'il était mineur et que Mohamed Jratlou exercait sur lui l'autorité de père. Les jurés n'ont cependant pas retenu l'accusation de meurtre requise par l'avocate générale.
Mohamed Jratlou était jugé devant la cour d'assises du Hainaut pour le meurtre de son fils, Younes, disparu du domicile familial dans la nuit du 25 au 26 octobre 2009 à Comines et dont le corps avait été repêché dans la Lys le 10 novembre.
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A l'issue des plaidoiries, les jurés s'étaient retirés jeudi en fin de matinée à la caserne Saint-Jean à Tournai -où ils ont passé la nuit- afin de délibérer de la culpabilité de l'accusé. Les délibérations ont débuté à 13h et le jury est parvenu à un verdict jeudi soir sur le coup de 22h.
L'effervescence était palpable ce vendredi matin à la cour d'assises du Hainaut. L'audience a repris à 10h30 pour un court instant, le temps pour le jury d'annoncer qu'il était parvenu à une décision. Il s'est ensuite à nouveau retiré afin de motiver son verdict avec le président de la cour, Olivier Delmarche. Deux heures d'attente interminable, pendant lesquelles chacun y est allé de son pronostic et c'est la thèse de l'acquittement qui prévalait parmi le public.
Aucune émotion
A 12h50 , la cour a regagné la salle d'audience pour mettre fin à sept jours de suspense pendant lesquelles a duré le procés. Le président a ensuite décacheté l'enveloppe contenant le verdict rendu par les douze jurés. Olivier Delmarche a annoncé que les jurés avaient répondu "non" à la question "Mohamed Jratlou est-il coupable du meurtre de son fils Younes?" A la seconde question: "Mohamed Jratlou s'est-il rendu coupable de coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner?", les jurés ont cette fois répondu "oui". Ils ont retenu deux circonstances aggravantes: le fait que la victime, Younes, était mineure au moment des faits (4 ans) et que l'accusé exerçait sur lui l'autorité de père. A l'annonce du verdict, Mohamed Jratlou n'a manifesté aucune émotion.
De nombreuses contradictions
Le jury a particulièrement motivé son verdict. Il a estimé que les débats avaient mis en évidence un stress intense dans les moments qui ont précédé les faits. Selon eux Mohamed Jratlou a saisi l'enfant
pour l'empêcher de crier lorsque la mère est partie. Les circonstances ne permettent cependant pas d'établir qu'il était animé de l'intention de tuer. Les jurés ont également relevé de multiples contradictions entre l'accusé et son épouse et que son emploi du temps laissait apparaître deux zones d'ombre de 50 minutes. Il ressort des débats que la thèse du prédateur isolé est à rejeter mais que seul un adulte était apte à provoquer la mort par asphyxie de l'enfant. Mohamed est resté seul au domicile familial avec ses deux enfants.
Dix minutes plus tard, l'audience, à nouveau, été suspendue. Elle reprendra à 14h pour le débat sur la peine. Mohamed Jratlou risque jusqu'à 15 ans de réclusion.
Réactions
"Ma cliente ne comprend pas, elle réagit mal mais elle va devoir accepter la vérité judiciaire", a déclaré Me Vandenbroucke, avocat de Naïma Zraidi. "Ce matin, elle était encore convaincue de son acquittement". Pour Me Magnée, avocat de Mohamed Jratlou, "c'est faire preuve de sagesse que d'avoir décidé qu'au pire, c'est une scène de ménage qui a mal tourné".



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