© belga.
Hassan Essahale (22 ans) est autant responsable de la mort de Frédérique Levêque (46 ans) qu'Hicham El Gaabouri (26 ans), le tireur, selon l'accusation. Vendredi, l'avocat général a requis, devant la cour d'assises de Bruxelles, la culpabilité des deux hommes pour vol avec violence et avec circonstance aggravante de meurtre. Le 5 mars 2010, les accusés avaient tué une conductrice pour lui voler son véhicule après avoir braqué une bijouterie à Uccle.
© belga.
"Les deux accusés ont eu un projet criminel global commun dont aucun ne s'est dissocié à un moment ou à un autre", a insisté l'avocat général.
Durant toute la dernière partie de son réquisitoire, le ministère public représenté par Bernard Dauchot, a soutenu qu'Hassan Essahale avait fui avec Hicham El Gaabouri après le braquage. Il avait également admis, tout comme son comparse, que pour cela, il fallait voler une voiture.
Même si c'est Hicham El Gaabouri l'auteur matériel de l'homicide sur une conductrice, Frédérique Levêque, Hassan Essahale ne s'est pas désolidarisé de son complice, a avancé Bernard Dauchot. Hassan Essahale est donc tout aussi coupable de la circonstance aggravante qu'un homicide a été commis.
Le 5 mars 2010 dans le courant de l'après-midi, les accusés avaient braqué le bijoutier Léon-Philippe Rubin, rue Vanderkindere à Uccle. Ils avaient volé des bijoux et s'étaient également emparé de l'arme du commerçant, un revolver de gros calibre.
Arrivés à un carrefour proche, ils avaient tenté de "car-jacker" Frédérique Levêque. Hicham El Gaabouri avait tiré avec le revolver sur la conductrice, en pleine tête, provoquant sa mort.
"Le coup est parti tout seul? Mensonge..."
Concernant l'intention homicide, l'avocat général a également été intransigeant. "Le coup est parti tout seul nous dit-on? Ou du moins sous l'effet du stress? Mensonges. Qui dit perte de contrôle, dit alors perte de la volonté de tirer. Même les psychiatres ont estimé qu'au moment des faits, Hicham El Gaabouri était maître de ses actes. Et même s'il était dans un état de stress, il l'a provoqué lui-même, suite au braquage qu'il a lui-même commis", s'est emporté Bernard Dauchot.
"Par ailleurs, je ne crois pas à la thèse du tir accidentel, notamment parce que, comme l'ont démontré les experts et M. Rubin, il fallait une certaine force pour presser la détente, mais aussi parce qu'il y a eu trois autres tirs avant. Hicham El Gaabouri savait donc très bien comment manipuler l'arme. On nous dit encore que ces autres tirs étaient accidentels également... Mais quel juré digne de ce nom pourrait gober une telle couleuvre?", a-t-il poursuivi.
Quant aux conseils de la famille de la victime, ils ont estimé que les deux accusés, immatures, avaient franchi la ligne rouge. "Pointer son arme vers la conductrice, c'était déjà la mettre en danger", a considéré Me Nathalie Uyttendaele.
"Hassan Essahe a forcé la portière de Mme Levêque, ce n'était pas ouvert, et Hassan El Gaabouri a alors tiré", a estimé Me Laurent Kennes qui, comme l'avocat général, a plaidé la culpabilité des deux hommes pour meurtre.
La défense prendra la parole lundi.


