"Il faut une réforme de l'Etat pour le 23 mars", soit lors du passage de témoin prévu entre Guy Verhofstadt et Yves Leterme, affirment samedi les libéraux flamands Karel De Gucht et Patrick Dewael, dans la presse.
Réforme
Pour le ministre de l'Intérieur, le gouvernement intérimaire porte bien son nom. "On sent bien que cette situation, sans accord gouvernemental complet, ne peut s'éterniser", indique Patrick Dewael. L'homme entend toutefois profiter de cette période pour préparer au mieux la réforme de l'Etat. "Avant le 23 mars, il doit y avoir un accord sur la réforme de l'Etat, (...) avec des lignes de force et un timing établis", ajoute-t-il.
Et son collègue de parti, Karel De Gucht, de s'interroger sur l'état d'esprit des Wallons sur ce point: "je me demande si les Wallons se rendent suffisamment compte qu'il faut un nouveau consensus. Je n'ai pas l'impression que ce soit déjà le cas, sauf au MR, où l'ouverture est plus grande", estime le ministre des Affaires étrangères.
"Il n'y a plus de lait"
"On ne pourra pas arriver à un nouveau consensus communautaire si les Wallons continuent à penser que la réforme apportera un nouveau transfert d'argent du fédéral vers les Régions et Communautés. Car cet argent n'existe plus! Ils ont trait la vache, mais la vache ne donne plus de lait, car il n'y a plus de lait! J'ai l'impression que les Wallons ne réalisent pas qu'il faut une réforme de l'Etat d'une autre nature: une réforme où les Régions prennent de nouvelles responsabilités", appuie Karel De Gucht.
"Ce serait de la démence de recommencer un débat communautaire en espérant que le fédéral remplira un nouveau chèque pour les entités fédérées", ajoute, pour sa part, M. Dewael. Pour Karel De Gucht, il semble logique que les francophones se décarcassent pour la survie de l'Etat belge. "Qui a le plus grand intérêt à la subsistance de la Belgique? Les francophones! Ce sont donc eux qui devront fournir l'effort pour que le fédéral fonctionne convenablement", avance-t-il.
Fonctionnalistes
"Ce qui nous intéresse, c'est une réforme de l'Etat qui crée le bien-être, paie le vieillissement, crée des emplois. Nous ne sommes pas des nationalistes ni des Belgicains. Nous sommes des fonctionnalistes", poursuit le ministre De Gucht qui estime que "la frontière linguistique est une frontière d'Etat". Et M. Dewael de le justifier: "les frontières s'estompent! Nous faisons une réforme de l'Etat dans un contexte européen", précise-t-il. (belga)
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