Frédéric, fils aîné de Michelle Martin et Marc Dutroux, défend la libération de sa mère dans une interview accordée au magazine flamand Dag Allemaal et reprise dans les colonnes de Sudpresse.
"On présente ma mère comme un monstre mais moi je l'ai connue comme quelqu'un de sensible et d'aimant", n'a pas peur de dire Frédéric. "Parfois, je me demande si les gens oublieront un jour ce qui s'est passé. Ne serai-je, pour le reste de ma vie, que le fils de Marc Dutroux?", déplore le jeune homme de 28 ans qui ne porte plus le nom de Dutroux depuis 2002 et s'affiche à visage découvert dans le magazine.
"Je crains qu'un fou assassine ma mère"
Frédéric s'étonne que l'éventualité d'une libération de sa mère suscite encore des débats aussi vifs dans la société belge. "La loi est identique pour tous", estime-t-il, jugeant qu'un couvent est l'endroit idéal pour sa mère. "Là, elle pourra trouver la paix, ce qui n'est pas le cas dans une prison, cadre peu constructif s'il en est. J'espère qu'elle trouvera à Malonne sa place dans la société". Et d'ajouter qu'il craint cependant qu'un fou l'attende à sa libération et l'assassine: "Ce serait vraiment une façon très stupide de mourir", fait-il remarquer.
Le jeune homme, qui vit à Namur, dit ne pas avoir l'intention de tomber dans les bras de Michelle Martin à sa sortie de prison. Bien qu'il ne l'ait pas vue depuis longtemps, il aimerait la rencontrer et parler avec elle.
"Elle, un monstre?"
"Je souhaite d'ailleurs une vie paisible tous ceux qui se sont retrouvés impliqués dans cette affaire", déclare Frédéric. "Pas seulement à ma mère mais aux victimes aussi et à leurs proches... Même à mon père. Je comprends, bien sûr, que le libérer à ce moment serait déplacé, mais ce n'est pas la même chose pour ma mère. Elle, un monstre? Ce sont les médias qui ont construit cette image. Moi, je la connais autrement et c'est pour cette raison que j'ai donné cette interview".
Il dit cependant comprendre que les victimes de Marc Dutroux ressentent de la haine pour elle: "Je réagirais de la même façon si j'étais dans leur cas. Mais ce n'est pas la mère que j'ai connue et qui était aimante", insiste-t-il. "(...) Comprenez-moi bien: je ne veux pas justifier les crimes de ma mère. Elle a ses torts et elle a payé pour ses fautes, mais sa peine touche à sa fin".



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