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La CSC Services publics se réjouit que la Justice demande l'arrêt des transfèrements de Farid Bamouhammad. "C'est très bien, qu'on arrête le tourisme carcéral", estime Serge De Prez, secrétaire national CSC Services publics. On se montre plus circonspect du côté de la CGSP-AMiO, où l'on redoute le jour où se produira un incident impliquant ce détenu considéré comme particulièrement difficile.
C'est l'administration pénitentiaire qui a "créé le détenu Farid Bamouhammad" en prenant une série de mesures qui ressemblent à des privilèges, explique Serge De Prez. Ce régime spécial auquel M. Bamouhammad est soumis crée des tensions avec les autres détenus et un surcroît de travail pour les gardiens.
"Il faudra que l'administration pénitentiaire donne les moyens de traiter les cas comme Farid Bamouhammad", affirme le secrétaire national CSC. Il faudrait un nombre d'agents suffisants, une meilleure formation -"pour le moment, le centre de Marneffe, c'est Win for Life, tout le monde réussit!"-, voire la création d'un établissement spécifique pour les détenus difficiles.
La CGSP plus circonspecte
Du côté de la CGSP-AMiO, on pointe le régime spécial de Farid Bamouhammad, avec des douches, préaux et visites où le détenu est seul. Ce régime compromet la réinsertion du détenu, mais Michel Jacobs, secrétaire fédéral CGSP-AMiO, ne souhaite pas pointer qui, de l'administration ou du détenu, est responsable de cet état de fait. "Le jour où il y aura un incident avec Farid Bamouhammad, comment va-t-on réagir? ", s'interroge-t-il, plaidant pour le détenu pour un régime "sans faveurs ni contraintes".
L'avocate du détenu, Chantal Moreau, réfute être à l'origine du régime actuellement imposé à son client. "C'est le pouvoir exécutif, et l'administration pénitentiaire, qui fixent ses conditions de détention." Elle déplore l'absence de réflexion à long terme et des décisions prises au coup par coup, en fonction des préavis de grève déposés par les gardiens.
Farid Bamouhammad "n'est pas un détenu jeune et les difficultés engrangées" tout au long de son parcours pénitentiaire -dès avant sa majorité- "ont forgé une personnalité en attente de loyauté et de discipline". "Il souffre par exemple très fort du bruit la nuit. Il y a quelques années, le silence était imposé dès 21h00", souligne Chantal Moreau.
Le régime spécial du détenu est "à la base du comportement réactif de M. Bamouhammad", rappelle encore l'avocate, qui salue, dans l'ordonnance du tribunal des référés de Bruxelles, "une décision réfléchie qui devrait servir de base de réflexion pour les intervenants du monde pénitentiaire".



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