MISE À JOUR
Les enquêteurs travaillant sur le dossier du meurtre d'Annick Van Uytsel recherchent un correspondant téléphonique anonyme qui a dit savoir comment elle était morte et dont la justice a diffusé des extraits de voix sur internet, a indiqué mercredi le parquet de Louvain.
Accident de voiture?
Annick Van Uytsel, une Diestoise de 18 ans, a disparu dans la nuit du 27 au 28 avril 2007 à Diest alors qu'elle rentrait à vélo d'une fête à Schaffen. Son corps a été repêché le 3 mai dans le Canal Albert, à Lummen, emballé dans des sacs. Son vélo a été retrouvé le 26 juillet à Louvain. L'homme a téléphoné cinq fois à la police d'Anvers et de Diest, indiquant qu'Annick Van Uytsel était morte dans un accident de la circulation, qui aurait été causé par un de ses amis et qu'il aurait lui-même aidé à dissimuler le corps, a précisé au cours d'une conférence de presse le porte-parole du parquet, Patrick Vits.
Enregistrements
Les appels ont été donnés au départ de cabines téléphoniques. Il a indiqué que le parquet avait pris la décision de diffuser les enregistrements de la voix du correspondant anonyme, espérant qu'il soit reconnu ou qu'il reprenne lui-même contact comme il l'avait promis. Le dernier appel date de la mi-novembre. L'homme a pris un premier contact par téléphone avec la police d'Anvers en août dernier.
"Il a raconté qu'Annick Van Uytsel avait été victime d'un accident de la circulation causé par un ami. Le correspondant anonyme serait alors venu sur place pour l'aider. Cette homme a ensuite pris contact quatre fois avec la police communale de Diest. Pour la dernière fois à la mi-novembre. Il a alors dit qu'il prendrait encore contact avec les enquêteurs, mais depuis lors il ne s'est plus manifesté", a expliqué M. Vits.
Identification
Le juge d'instruction a décidé de lancer un avis spécial de recherche où est enregistrée la voix du correspondant en espérant que quelqu'un puisse l'identifier ou qu'il se manifeste de lui-même. Des extraits de voix sont notamment disponibles sur le site de la police fédérale à l'adresse http://www.polfed-fedpol.be/dos_ops/Dos_VanUytsel/Dos_VanUytsel_fr.php. "C'est une démarche exceptionnelle", dit M. Vits, qui la justifie par plusieurs arguments. "Cet homme dit savoir ce qui s'est passé avec Annick Van Uytsel et reconnaît qu'il a posé lui-même cette nuit une série de gestes. Afin de faire la clarté dans le dossier, son identification est indispensable. Il a eu suffisamment d'occasions pour prendre lui-même contact avec les enquêteurs et jusqu'à présent nous n'avons pas réussi à le retrouver", explique M. Vits.
Profil
Les enquêteurs, a expliqué M. Vits, n'ont pas ménagé leur peine pour l'identifier. Les appels ont été donnés de plusieurs cabines téléphoniques de la région de Mol et de Retie. Les extraits sonores enregistrés ont été présentés à plusieurs témoins du dossier, notamment aux parents d'Annick Van Uytsel et à des témoins potentiels des environs de Retie et de Mol. Des linguistes les ont écoutés et ont dressé un vague profil du correspondant.
Avec la diffusion de cet avis de recherche, l'hypothèse de l'accident refait surface. "C'est une hypothèse que l'on a toujours prise en compte, mais elle avait été un peu mise à l'arrière-plan car certains devoirs d'enquête ne semblaient pas la conforter", a précisé M. Vits. Pour ce dernier, ce serait une des raisons pour laquelle le correspondant a pris contact avec la police.
Remords
"D'un côté, il a des remords à propos de ce qui s'est passé, il était mécontent sur la couverture dans les médias et sur le fait que si peu d'attention soit accordée à la thèse de l'accident. Mais jusqu'à aujourd'hui, nous n'avons pas trouvé de fil entre ce que le correspondant anonyme raconte et les autres devoirs d'enquête. Le récit de cet homme devra encore être contrôlé. C'est pourquoi nous voulons tout faire pour le trouver", a conclu M. Vits. (belga)
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