Bruxelles présente l'une des concentrations de voitures par habitants les plus élevées d'Europe, selon une étude présentée vendredi par la banque Dexia et l'institut Ambiente Italia, qui compare les résultats environnementaux de 32 villes du continent.
A plus de 50 voitures pour 100 habitants, la capitale belge devance de loin Paris, Londres et Berlin (qui tournent autour de 30). Elle surclasse aussi Munich (sud de l'Allemagne), ville de taille similaire et siège du constructeur automobile BMW, qui compte quelque 40 voitures pour 100 habitants. Bruxelles est devancée seulement par les villes italiennes de Rome, Naples (sud) et Milan (nord), où la concentration atteint 60, voire 70 voitures.
Interrogé par l'agence BELGA, un responsable du ministère bruxellois de la Mobilité a tempéré cette mauvaise performance, en soulignant que de nombreuses voitures immatriculées à Bruxelles n'y circulaient pas vraiment. Le taux élevé reflète par ailleurs le grand nombre de navetteurs, estimé à 200.000, qui se rendent chaque jour en voiture dans la capitale, a ajouté ce responsable. Il a précisé que le gouvernement régional s'efforçait de renverser la tendance, notamment en développant l'offre de transports en commun, mais que certains obstacles structurels rendaient cette tâche difficile.
Le recours systématique des entreprises aux voitures de société et la dispersion des compétences entre les communes en matière de stationnement freinent les efforts régionaux, selon lui. L'étude de Dexia et d'Ambiente Italia fournit à cet égard quelques données pour comparer le développement des transports en commun entre les villes européennes. Prague, qui a hérité du réseau mis en place sous le système communiste, se place largement en tête du classement, avec 718 passagers transportés annuellement par habitant. Bruxelles, où cet indicateur atteint 250, se situe légèrement en dessous de la moyenne des villes étudiées (263).
L'étude ne se limite pas aux problèmes de mobilité. Elle porte sur une large gamme d'indicateurs, de la pollution de l'air à la collecte des déchets en passant par les kilomètres de pistes cyclables et le nombre de panneaux photovoltaïques dans les bâtiments publics.
Mal placée en matière de voitures, Bruxelles obtient par contre un excellent résultat dans le domaine de la consommation d'eau, une ressource mise sous pression au cours des dernières années.
Avec une consommation de 108 litres par habitant et par jour, Bruxelles se classe (à l'instar d'Anvers, l'autre ville belge reprise dans l'étude) parmi les villes les plus économes d'Europe en la matière.


