L'audience de vendredi après-midi a été consacrée à la suite des plaidoiries de la défense de KPMG, le réviseur de LHSP. Ses conseils ont affirmé que KPMG n'a rien à se reprocher en ce qui concerne les Language Development Companies (LDC). Et Me Jozef Lievens de souligner que le ministère public n'a en fait pas de point de vue personnel sur la question, qu'il se contente de se baser sur le rapport des experts qui a été longuement contesté par la défense au cours de l'audience de la matinée.
Le dossier compte une demi-douzaine de déclarations de personnes qui confirment la thèse de KPMG: L&H n'avait aucune obligation d'aider au développement des LDC et il est incroyable que le ministère public n'en tienne pas compte, ont notamment plaidé les avocats du réviseur.
Le litige concernant l'enrôlement des revenus des LDC a été soumis par KPMG à un professeur de l'ULB considéré comme un des plus grands experts belges. Il a estimé que toutes les conditions étaient remplies pour approuver le chiffre d'affaires. Ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a pas eu de problèmes dans le dossier des LDC mais ils n'ont pas été portés à la connaissance de KPMG, a encore affirmé la défense. Le réviseur de L&H n'en aurait pris connaissance que par le dossier répressif.
Si la technique de cautionnement utilisée pour la création des LDC était en accord avec la législation belge, selon la législation américaine, elle devait figurer dans les comptes annuels. Ce qui n'a rien à voir avec un soi-disant concept erroné, ont plaidé les avocats de KPMG. Ce concept a du reste été soumis à plusieurs reprises aux experts américains qui n'ont pas émis de critiques, ont-il ajouté.
Bruits de couloir
KPMG s'insurge aussi contre l'affirmation du ministère public selon laquelle le réviseur n'aurait pas réagi, en 1999, à une annonce de fraude. Une comptable de L&H aux Etats-Unis a alors été entendue par KPMG. Elle a rapporté des bruits de couloir concernant la stratégie des LDC mais il n'a pas été question de problèmes comptables.
Entendue par la suite à Ypres, elle n'a pas apporté d'élément neuf, ont déclaré les avocats. Elle a même fait part de sa satisfaction à propos de ses discussions avec KPMG et n'a nullement déclaré que le bureau d'audit avait essayé de la faire taire, comme le prétend le ministère public, a encore affirmé la défense.


