Le groupe sidérurgique ArcelorMittal a annoncé dimanche qu'il avait décidé de geler l'entrée des commandes pour API (Arcelor Packaging International, ex-Ferblatil), à Tilleur, "tant que les conditions ne seront pas réunies pour mener les discussions paritaires" sur la mise en place d'une organisation simplifiée à l'usine de fer-blanc, paralysée par un mouvement de grève depuis mercredi.
"La direction fait tout ce qui est en son pouvoir pour mettre en place la seule solution d'avenir pour l'usine de fer-blanc de Tilleur: créer un dispositif de production simplifié, spécifique à Liège et unique dans ArcelorMittal, destiné à produire l'équivalent de 120.000 tonnes par an", a indiqué le groupe sidérurgique dans un communiqué. Vendredi, après quatre heures de discussions lors d'une réunion de conciliation, la CSC a refusé de lever le blocage de l'entrée de l'usine mis en place mercredi après-midi et de permettre ainsi la reprise des discussions paritaires interrompues par ce blocage.
La CSC bloque non seulement l'usine de fer-blanc, mais également les installations de décapage-laminage qui alimentent toutes les usines du froid : Jemeppe, Flémalle, Ramet et Marchin. S'il n'y a pas de reprise du travail, ce seront près de 2.000 personnes qui seront empêchées de travailler, a noté le groupe ArcelorMittal. "Cette situation est très grave pour Liège: s'il n'est pas possible de mettre en place la seule solution envisageable, les commandes pour cette usine continueront à ne pas être enregistrées et ne pourront mener qu'à une fermeture à terme", a-t-il prévenu.
La direction a prévenu les syndicats de la menace. Elle souhaite continuer les discussions rapidement après le déblocage de l'entrée de Tilleur. "Nous en appelons à la clairvoyance du personnel : est-il normal que quelques personnes emmenées par une délégation CSC locale bloquent une usine alors que leur secrétaire régional et leur président ont marqué leur accord pour entamer des discussions et que ces discussions sont en cours; jouent à la roulette russe avec 500 emplois qui risquent d'être perdus; prennent en otage l'ensemble des usines du froid et le travail de plus de 2.000 personnes pour un problème local? ", s'interroge la direction d'ArcelorMittal dans un tract distribué à tous les travailleurs du groupe.
"Il est aujourd'hui de notre devoir de faire connaître cette situation inacceptable pour tous ceux qui se battent tous les jours pour faire des usines de Liège des références au sein du Groupe ArcelorMittal. Cette mauvaise nouvelle apparaît en fort contraste avec l'annonce de relance du haut-fourneau 6 de ce vendredi et la concrétisation d'un plan industriel confortant plusieurs milliers d'emplois dans la région liégeoise", regrette ArcelorMittal.
- Relance du haut fourneau 6 fin février


