Une mère de famille et ses cinq enfants sont sans logement depuis quelques jours, après avoir vécu une situation sociale chaotique. Ils ont été obligés de quitter un chalet qu'ils occupaient dans un camping de Froidchapelle, une commune de la Botte du Hainaut qui compte 600 occupants de terrains de camping sur 3.600 habitants.
La mère, Cindy Willame, accompagnée de trois de ses enfants, a fait mercredi à Charleroi l'historique de ce qu'elle a vécu à l'occasion de ce déménagement forcé, soutenue par des responsables de l'asbl Solidarités Nouvelles. Après avoir séjourné dans ce chalet de Froidchapelle en juillet et en août, elle a dû y prolonger son séjour parce qu'elle avait perdu la location de la maison qu'elle occupait précédemment à Marchienne-au-Pont.
Le 24 novembre dernier, explique-t-elle, le gérant du camping a évacué ses meubles du chalet, malgré un accord passé le mois précédent et qui l'autorisait à séjourner de manière prolongée. Victime de coups à l'occasion de cette scène, elle a déposé plainte, avant de s'installer dans un chalet situé sur une autre parcelle du même camping. Elle a demandé parallèlement à bénéficier d'un logement d'urgence en faisant valoir qu'il pleuvait dans le chalet où elle se trouvait, mais sans succès. Le 26 janvier dernier, il lui a été annoncé qu'elle devrait avoir quitté le chalet pour le 2 février, ce qu'elle a fait "en cédant aux menaces", dit-elle.
Depuis, elle est sans logement et vit de manière précaire. Un abri de nuit a pu l'accueillir, mais avec seulement trois de ses enfants, aucun abri ne pouvant mettre à sa disposition un logement offrant un nombre suffisant de chambres pour héberger ses cinq enfants. Des demandes de logement introduites auprès de plusieurs sociétés d'habitations sociales sont restées lettre morte.
De même, les refuges sociaux ne disposent pas d'infrastructures leur permettant d'héberger une famille de cinq enfants, et les propriétaires privés font également valoir qu'il ne leur est pas possible de louer à une famille de cinq enfants Mme Willlame va donc le jour dans des établissements tels que le Resto du c¿ur, et elle passe la nuit dans un refuge avec trois de ses enfants, les deux autres allant chez leur père.
De leur côté, les responsables de Solidarités Nouvelles ont fait valoir ce qu'ils estiment être les incohérences du plan Habitat Permanent de la Région wallonne, qui vise à terme, le relogement de tous les habitants de ces terrains de campings sur base volontaire : il y a 10.000 habitants de ces parcs et terrains en Wallonie, mais on ne dispose pas, pour eux, de solution de relogement ce qui rend ce plan inapplicable. Au-delà du cas particulier de cette mère de cinq enfants, Solidarités Nouvelles dit aussi vouloir interpeller le monde politique sur la le droit pour chacun d'obtenir un logement social adapté à ses besoins, et particulièrement à ceux de familles nombreuses. (belga)
Connectez-vous ou enregistrez-vous pour réagir!


