Le ministre de la Défense Pieter De Crem soutient l'idée d'André Flahaut (PS) et Hilde Vautmans (Open Vld) d'instaurer une Commission de suivi mixte Chambre et Sénat des missions des militaires belges à l'étranger. Il s'est aussi déclaré favorable à l'idée émise par Josy Dubié (Ecolo) d'une visite de parlementaires en Afghanistan.
Réunion commune
Les Commissions de la Défense de la Chambre et du Sénat ont tenu une réunion commune, jeudi, pour avoir un échange de vues avec le ministre après la décision du gouvernement prise vendredi dernier de renforcer la présence militaire belge en Afghanistan au cours de l'année, en décidant notamment d'envoyer des renforts, dont quatre avions de combat F-16 à Kandahar (sud) à partir du 1er septembre.
L'armée belge va également dépêcher un renfort temporaire, à partir du 1er avril, de deux sections (soit vingt hommes) pour épauler la compagnie de protection qui assure la sécurité de l'aéroport de Kaboul lors du déménagement des installations de l'ISAF du côté sud de KAIA vers le nord.Enfin, le gouvernement a décidé d'envoyer une équipe d'une vingtaine d'instructeurs chargés d'encadrer l'Armée Nationale Afghane (ANA) à partir du 1er octobre au plus tôt. Cette équipe sera basée dans la région de Kaboul ou de Kunduz (nord).
Le ministre a été interrogé jeudi par les représentants de tous les groupes sauf le MR, dont aucun représentant n'était présent. Les critiques sont venues des écologistes et du sp.a Dirk Van der Maelen. Pour ce dernier, tout comme pour Josy Dubié (Ecolo), la stratégie militaire a démontré son inefficacité. "La voie militaire proposée par les américains et que le gouvernement suit est sans issue", a dit M. Dubié.
Flahaut
L'ancien ministre de la Défense André Flahaut pour sa part à insisté sur la nécessité d'obliger l'Otan à définir une stratégie de sortie de crise. "Nous ne pourrons pas rester indéfiniment en Afghanistan", a-t-il dit. Il a aussi plaidé pour qu'on définisse clairement les conditions de l'intervention. "Le risque zero n'existe pas mais il faut donner des garanties maximales et veiller à ce que nos militaires ne soient pas utilisés n'importe où ni n'importe comment", a-t-il dit.
Evaluation
Sur ce point, M. De Crem a rassuré les parlementaires. Les conditions d'intervention seront fixées avant le départ des troupes. "Je ne serai pas moins prudent que vous", a-t-il lancé à son prédécesseur. Il a aussi rappelé qu'une évaluation de l'intervention dans le sud du pays est dès à présent prévue en novembre. Il a insisté sur le fait que les F16 sont équipés pour ce type d'opération et que les militaires qui partent pour l'Afghanistan reçoivent une formation spéciale.
Vlaams Belang
Soutenu par plusieurs interventions de représentants de la majorité et du Vlaams Belang, le ministre a encore dit sa conviction qu'il n'y avait pas d'autre solution que de poursuivre l'intervention. "Peut-on laisser à nouveau la voie libre aux Talibans? ", a-t-il demandé, tout en ajoutant "que la solution ne sera certes pas uniquement militaire mais elle devra être civilo-militaire".
Le ministre a aussi dit soutenir l'idée émise par les députés André Flahaut et Hilde Vautmans d'instaurer une Commission de suivi mixte Chambre et Sénat pour les missions militaires à l'étranger. Une telle Commission de suivi existe actuellement au Sénat. Elle a été instaurée après la Commission d'enquête sur le Rwanda. Le ministre a aussi appuyé l'idée de Josy Dubié d'une mission parlementaire sur place.
D'autres débats tant avec le ministre de la Défense qu'avec celui des Affaires étrangères sont dès à présent déjà prévus, ce qui a entraîné quelques remarques sur la nécessité de tenir cette réunion-ci au milieu des vacances de Carnaval. "La question était-elle vraiment si urgente? ", a demandé Bart Tommelein (Open Vld). (belga)


