Six députés PS raniment le régionalisme wallon

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Par: rédaction
8/02/08 - 16h10

Six députés socialistes ont signé une carte blanche publiée ce vendredi par le quotidien gratuit Metro dans laquelle ils veillent à rendre vie au courant régionaliste wallon. Ils y expriment leur credo d'un système fédéral belge fondé sur les Régions et énumèrent quelques revendications qui pourraient intéresser la Wallonie dans le cadre des négociations institutionnelles.

"A présent, vous pouvez dire à nos mères que nous sommes régionalistes", lancent les six députés wallons. A leurs yeux, le régionalisme était jusqu'il y a peu proscrit du vocabulaire politique belge, comme s'il s'agissait d'une faute de goût. Pourtant, ce courant est loin d'être mort, affirment-ils, et il n'est pas la seule affaire de quelques nostalgiques désuets. Il relève même, selon eux, d'un grand pragmatisme qui veut permettre à la Wallonie d'assumer sa destinée économique.

Les six députés exhortent le "sud du pays" à se préparer aux négociations institutionnelles en faisant connaître ses exigences, comme l'a fait la Flandre depuis bientôt dix ans. "Il est temps qu'au sud du pays, on comprenne enfin qu'on ne sauvera pas l'Etat belge en refusant de négocier", soulignent-t-ils.

Ils envisagent le débat institutionnel sous l'angle d'un rapport de Région à Région et non, comme cela semble être le cas actuellement, de Communauté à Communauté. Ils se montrer d'ailleurs assez pessimistes sur l'issue des discussions en cours.

"A l'aube du 24 mars, on en reviendra, c'est une évidence, à la case départ avec les jetons de l'accroissement des compétences et celui d'une scission de BHV. Que les choses soient claires: une réforme en profondeur de l'Etat demandera du temps. Il appartiendra dès lors aux régionalistes wallons et bruxellois d'aborder de nouvelles négociations avec des demandes et non pas seulement des refus", écrivent-ils.

Parmi ces demandes, figure la création d'un Sénat paritaire des Régions, la mise en oeuvre de la régionalisation de la coopération au développement, l'alternance linguistique des premiers ministres et une révision de certaines clés de répartition d'application dans le domaine ferroviaire. L'instauration d'une circonscription unique ne les enchante en revanche guère: elle n'aurait pour seul effet que de renforcer le poids numérique flamand.

Bien loin de rêver à une fusion entre la Communauté et la Région -qui nierait les spécificités wallonne et bruxelloise-, ils estiment que la Wallonie devrait exercer des compétences relevant aujourd'hui de la Communauté française.

"Acceptons enfin cette vérité que la régionalisation réussit à la Wallonie. Sans elle, nos exportations ne se porteraient pas aussi bien et nous attendrions toujours un aéroport régional et une gare TGV", disent-ils encore.

Les signataires sont les députés wallons Jacques Gennen, Charles Janssens, Guy Milcamps, Sebastian Pirlot, Eliane Tillieux et Christophe Collignon. Ce dernier est à l'initiative de cette carte blanche qui reflète, à le croire une opinion plus répandue dans le monde politique qu'il n'y paraît.

"Je n'ai eu aucune peine à trouver des signataires. Il suffit de se promener dans les travées du parlement wallon pour se rendre compte que le vrai lieu où s'exerce le pouvoir en Wallonie est Namur et quand on fréquente le Parlement de la Communauté française à Bruxelles, si on n'est pas régionaliste, on le devient", a-t-il expliqué.

Le nom de deux députés régionalistes bien connus, José Happart et Jean-Claude Van Cauwenberghe, manque à la liste. Selon M. Collignon, il s'agissait de montrer qu'il existe d'autres personnalités se rangeant à l'idée d'un "régionalisme pragmatique" que celles que l'on cite habituellement. (belga)

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