LHSP: "KPMG n'a pas trompé mais a été trompé"

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Par: rédaction
12/02/08 - 15h48
Paul Hauspie et Jo Lernaut.

Le réviseur d'entreprises KPMG n'a pas purgé ses documents de travail pour couvrir sa participation à la fraude chez L&H. Raf Verstraeten, un des avocats du réviseur, a longuement réagi mardi matin aux propos du ministère public qui pense que KPMG a "manipulé à plusieurs reprises" ses documents de travail pour faire disparaître des documents compromettants.

Selon KPMG, les documents ont été arrangés pour rendre le dossier des réviseurs présentable et pour enlever des notes concernant des stratégies d'audit ou des notes soumises au secret professionnel. Cela n'avait rien à voir avec des intentions malhonnêtes, affirme l'avocat. Il a analysé ensuite quelques e-mails entre des collaborateurs de KPMG que le parquet considère comme suspects.

Les constatations des experts judiciaires - dont deux membres du cabinet concurrent de KPMG Ernst & Young - sur lesquelles le parquet se base ont à nouveau fait l'objet des critiques, l'avocat les taxant de "manipulation de l'opinion". Le plaideur a utilisé ce terme entre autre pour l'affirmation du parquet selon laquelle des documents de travail qui ne se trouvaient pas dans le dossier ont été retrouvés chez un directeur de KPMG. "La perquisition a été menée trois jours avant l'assemblée générale de L&H. Les documents n'ont pas été retrouvés dans une cache, mais dans la voiture de ce directeur qui travaillait chez L&H pour préparer cette assemblée générale", selon Raf Verstraeten.

Plutôt qu'une tromperie avérée par KPMG, on peut parler de tromperie de KPMG, a embrayé l'avocat. Il a cité comme exemple la vente de warrants aux investisseurs arabes de WH Operations. L&H a cherché un montage permettant de donner une compensation aux investisseurs pour le fait qu'ils devaient payer pour les warrants, contrairement à la promesse faite. Se basant sur un échange d'e-mails entre un membre du service juridique de L&H et l'avocat des investisseurs, KPMG tient la preuve qu'il n'était pas au courant qu'on cherchait une construction juridique illégale.

Plus tôt dans la matinée, Me Verstraeten a évoqué le cadre théorique des poursuites à l'encontre du réviseur. Il a épinglé la manière dont le ministère public n'a pas vraiment tranché, dans son réquisitoire, entre "l'intention frauduleuse" et "négligence". "Il parie sur deux chevaux. L'intention frauduleuse sous-entend que KPMG était au courant des faits, et ce n'est certainement pas le cas. L'équipe d'audit travaillait avec les informations qu'elle recevait, effectuait les contrôles conformément aux normes de l'IBR (Institut belge des réviseurs) et demandait toutes les informations qu'elle estimait nécessaires", a encore plaidé la défense.
(belga)

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