Plus d'un tiers (36%) des membres des services de police ressentent du stress, montre une enquête nationale menée en avril et mai 2006 auprès de près de 4.000 membres du personnel de la police.
L'enquête, menée à la demande de la police, montre que 65% des policiers se sentent bien au travail et que 78% aiment leur travail.
Cette proportion de personnes stressées est similaire à la moyenne dans la population, a précisé vendredi le professeur Hans De Witte (KUL), qui a participé à cette enquête. Ce stress est principalement provoqué par un manque de diversité dans les tâches et par un manque de feedback. Les plus stressés sont les dispatchers.
Les résultats de cette enquête ont été présentés vendredi aux chefs de corps de la police locale, aux directeurs de la police fédérale et aux syndicats. Son but était de formuler des recommandations et permettre de définir des priorités en matière de stress et de bien-être. Le commissaire général de la police fédérale, Fernand Koekelberg, se réjouit du développement de cet outil. "Nous travaillions jusqu'en 2006 sur un outil qui prenait comme référence la population néerlandaise", souligne M. Koekelberg.
Pour ce dernier, il est encore trop tôt pour décider d'un plan d'action sur la base de l'enquête. "Mais on peut déjà tirer des leçons: le manque de feedback est quelque chose qui peut être facile à corriger", dit-il. L'enquête a été formulée de manière telle que les chefs de corps ou d'unité pourront utiliser le questionnaire s'ils constatent ou sont avertis qu'un climat malsain règne dans leurs services. L'enquête montre que 36% des membres de service de police ressentent du stress: 15% régulièrement, 17% souvent et 4% toujours.
De plus, 12% des personnes interrogées ont déclaré s'être déjà sentis plusieurs fois harcelés au travail dans les six mois précédant l'enquête. Selon le professeur De Witte, c'est également dans la norme. Enfin, une personne sur cent déclare avoir été victime d'un comportement sexuel indésirable au travail. L'enquête s'est penchée sur le suicide des policiers. Les chercheurs ont comparé leur enquête avec l'enquête de santé 2004 menée par l'Institut scientifique de santé publique. "On peut voir que le pourcentage de projets de suicide au sein de la police est un peu plus élevé que chez le Belge moyen mais que le nombre de tentatives de suicide (3%) est un peu plus bas", soulignent-ils.
Selon Eric Cobut, directeur des relations internes à la police fédérale et qui y a présidé le groupe de travail suicide, on compte 5 à 7 suicides par an à la police fédérale. "Les chiffres sont stables d'une année à l'autre. On estime qu'il n'y en a pas plus à la police que dans la population", dit M. Cobut. Le stress rencontré est principalement causé par le manque de diversité dans les tâches qui ne permet pas revaloriser ses qualités, le manque de feedback de la part des dirigeants et collègues, la forte charge de travail, la charge émotionnelle, la charge mentale (beaucoup de concentration, exigence de précision, mémorisation) et la charge physique au bureau.
Les dispatchers et les call-takers constituent le groupe le plus vulnérable au stress du paysage policier: ils ont une grande responsabilité mais disposent de peu d'autonomie et reçoivent peu de feedback. Les policiers les plus motivés et les plus satisfaits sont les policiers qui s'occupent de recherche et d'enquête. La motivation et l'enthousiasme sont moindres chez les membres des forces de police travaillant dans les quartiers, dans la circulation ou à l'accueil. (belga)


