La précarité de l'emploi est très forte chez les jeunes travailleurs. Sur les 63% de jeunes qui ont un emploi en Wallonie et à Bruxelles, seul un sur deux n'a pas trop de craintes pour sa sécurité d'emploi, selon les résultats d'une enquête présentés mercredi par Les Jeunes CSC et l'asbl Fondation Travail-Université (FTU).
Selon cette enquête, un jeune sur deux de moins de trente ans a déjà changé d'employeur. D'après Patricia Vendramin, chercheuse à la FTU, ces changements sont notamment le reflet de la multiplication des contrats précaires.
CDD et temps partiels
En effet, d'après l'enquête, 37% des jeunes travailleurs sont sous CDD (contrat à durée déterminée). Les CDD et temps partiels concernent le plus souvent les femmes (41% en CDD et 19,7% en temps partiel) que les hommes (33% en CDD et 7,3% en temps partiel) alors que les femmes sont en moyenne plus diplômées.
L'étude révèle également que le diplôme reste une garantie contre l'insécurité professionnelle mais qu'il n'est pas suffisant. "En début de carrière, le fait d'avoir un diplôme d'études supérieures n'a pas d'influence sur le statut (CDI ou CDD) ou sur le contenu (responsabilité) du travail", explique Claire Delobel, des Jeunes CSC.
Diplômes
"D'autre part, le manque de diplôme ne plonge pas d'emblée dans des situations professionnelles insatisfaisantes ou radicalement plus précaires que celles des diplômés", ajoute Patricia Vendramin.
"Il existe donc chez les jeunes travailleurs une rupture entre l'investissement scolaire fourni tout au long des études et les attentes qu'ils placent dans le monde du travail car ce dernier n'a pas confiance en eux et veut les tester. Leur investissement scolaire n'est pas reconnu", souligne la chercheuse.
Incertitude
L'étude révèle en outre que les deux tiers des jeunes qui approchent de trente ans ont connu l'expérience du chômage à un moment ou un autre. L'enquête montre que cette expérience génère plus fréquemment de l'incertitude quant à l'avenir. "Les politiques publiques accentuent cette tendance du marché du travail notamment via des aides à l'embauche qui ne soutiennent pas l'insertion durable", soulignent la FTU et les Jeunes CSC.
L'enquête montre encore que 30% des jeunes travailleurs vivent encore au domicile de leurs parents, ce qui est révélateur d'un réel problème au niveau du pouvoir d'achat et de la sécurité d'emploi, le salaire moyen d'un "débutant" étant en moyenne de 1.700 euros brut par mois.
"La société met les jeunes travailleurs dans une situation de risque, ce qui les empêche de se construire et d'avoir un avenir", commente Claude Rolin, président et secrétaire général de la CSC. Il qualifie cette enquête de défi pour une organisation syndicale qui a pour objectif de représenter l'ensemble des catégories d'âge, et également les jeunes.


