Une consultation sur l'avenir des francophones

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Par: rédaction
24/02/08 - 13h14
MISE À JOUR

Le président du FDF Olivier Maingain a demandé ce dimanche que les francophones de Wallonie, de Bruxelles, de la périphérie et des Fourons soient consultés sur les choix institutionnels déterminant leur avenir, d'ici deux ans, et de préférence après les élections régionales de 2009.

Au cours du congrès de son parti organisé à Woluwe-Saint-Pierre, le président du FDF à une nouvelle fois martelé son credo dans la création d'un Etat Wallonie-Bruxelles fort. Il le conçoit comme un "moyen de rééquilibrer les forces à l'intérieur de l'Etat belge".

A ses yeux, les francophones ont trop longtemps tergiversé, face à une Flandre qui a deux Etats à sa disposition -l'Etat belge et l'Etat flamand. L'Etat Wallonie-Bruxelles est la seule réponse cohérente à la demande d'une plus grande autonomie de la Flandre.

Le FDF estime que la multiplication des institutions francophones (Régions wallonne, bruxelloise, Communauté française, Commission Communautaire française de Bruxelles) ne permet pas aux 4,4 millions de Wallons et de Bruxellois de s'identifier à un pouvoir politique décidé à assumer leur destin face à un état flamand en construction.

De plus, l'Etat fédéral ne protège pas ses minorités telles qu'en attestent son absence de réaction à propos des tracasseries linguistiques que subissent les francophones des communes à facilités ou le vote des propositions de loi visant à scinder l'arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde, en commission de l'Intérieur de la Chambre.

"N'ont peur des débats institutionnels que les francophones qui ne savent pas où ils vont. Je n'accrédite en rien le projet confédéraliste de certains partis flamands mais dans un Etat fédéral équilibré, Wallons et Bruxellois ne pourront se faire respecter qu'à la condition d'être unis et solidaires", a affirmé Olivier Maingain, en guise de conclusion du congrès.

Pour le président du FDF, il importe à présent que les Wallons et les Bruxellois dépassent le stade d'une relation privilégiée fondée sur les seules langues et cultures. Il faut la renforcer par la dimension économique.

A ce sujet, le congrès a pointé pas moins 15 bonnes raisons de construire une fédération Wallonie-Bruxelles. Parmi celles-ci, le Front Démocratique des francophones a mis en exergue le fait que la seule addition des PIB par habitant des deux entités en fait une force commune supérieure à celle de la Flandre. Un autre souligne le fait que les secteurs qui ont établi des synergies entre la Wallonie et Bruxelles ont emmagasiné des retombées positives, par exemple dans le domaine des biotechnologies.

Des synergies en matière de services aux entreprises, d'aides financières, de tourisme, de fiscalité, de recherche scientifique, d'accès à l'emploi, de qualifications et de mobilité professionnelles devraient constituer l'ossature d'un programme commun offrant un réel contrepoids à la domination de la Flandre.

Pour le réaliser, le FDF propose un remodelage institutionnel intra-francophone. L'Etat Wallonie-Bruxelles serait fondé sur un parlement commun élu sur la base de trois collèges électoraux: un collège électoral wallon, un collège électoral bruxellois et un collège électoral commun.

Les députés issus du collège électoral wallon constitueraient le parlement wallon, ceux issus du collège bruxellois, le parlement bruxellois. Dans ce modèle, les deux entités wallonne et bruxelloise conservent un gouvernement et une large autonomie dans des compétences propres.

Le gouvernement et le parlement de l'Etat Wallonie-Bruxelles géreraient quant à eux les compétences de la Communauté française assorties de compétences économiques supra-régionales et de certaines matières personnalisables.

Pour Olivier Maingain, il faut cependant tenir compte de l'avis de la population francophone. Il souhaite que celle-ci soit consultée dans les deux prochaines années, sur la base d'un questionnaire établi par un comité scientifique composé d'experts neutres et impartiaux, de commun accord avec des représentants du parlement de la Communauté française. (belga)

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