Picqué critique le manque de confiance en Bruxelles

Le ministre-président bruxellois Charles Picqué a dit attendre un refinancement significatif à l'occasion de la deuxième phase de négociations. Dans une réaction à l'accord intervenu au comité de sages, il a regretté la méfiance de certains négociateurs à propos de la Région-capitale.
"Bruxelles mérite un financement à la hauteur de l'ambition qu'il faut avoir pour la Belgique", a estimé le ministre-président bruxellois Charles Picqué à propos de l'accord intervenu sur une première phase de réformes institutionnelles. Charles Picqué a dit regretter la méfiance de certains négociateurs à propos de Bruxelles. A ses yeux, certains se sont livrés à un véritable chantage institutionnel en conditionnant le refinancement de Bruxelles, qui serait une concession faite aux francophones, au transfert de compétences qui serait une concession faite aux Flamands.
Immaturité politique "Notre fédéralisme doit devenir adulte et être capable d'aborder ces questions de manière rationnelle, sans que certains puissent dire qu'ils ont gagné et d'autres perdu", a-t-il jugé à ce sujet. Pour lui, la méfiance de certains négociateurs à l'égard de Bruxelles illustre un manque d'ambition pour la capitale. Celui-ci "reflète un manque d'ambition pour le pays. Faut-il y voir la confirmation du sentiment que la Belgique ne trouve plus grâce aux yeux de certains responsables politiques flamands?", s'est-il demandé.
A ce sujet, Charles Picqué a pointé du doigt les propos tenus au cours du week-end par le ministre-président flamand. Kris Peeters s'était dit irrité par la demande, sans contrepartie, des Bruxellois qui sollicitent des fonds supplémentaires dans le cadre des discussions sur la réforme de l'Etat. Pour Charles Picqué, cette sortie est révélatrice de cette difficulté à dépasser le clivage communautaire. Le ministre-président a par ailleurs rappelé l'unanimité du gouvernement bruxellois sur la volonté de voir refinancée Bruxelles. Elle est selon lui "bien la preuve qu'il ne s'agit pas d'une exigence exclusivement francophone".
Pas d'accord sans un refinancement de BruxellesIl a enfin relevé que les négociateurs avaient expressément prévu que cet accord ne constituait qu'une étape vers un refinancement réellement significatif. Pour Charles Picqué, le mérite en revient notamment au gouvernement bruxellois qui a su dépasser les clivages linguistiques pour exprimer ensemble la nécessité de refinancer Bruxelles au bénéfice de tout le pays. "Même si cette nécessité ne semble pas encore avoir convaincu tout le monde" dans le pays, Charles Picqué reste convaincu qu'il n'y aura pas d'accord global sans accord sur un refinancement de Bruxelles.
(belga/7sur7)