Début lundi du procès d'un vieillard macho
La cour d'assises de Namur entamera lundi le procès de Michel Thomée, un homme de 73 ans, accusé du meurtre, commis le 25 mai 2004 à Beauraing, de Francis Lambot, un homme qui était venu chez l'accusé afin de voir s'il ne portait pas à nouveau des coups à son épouse, Cécile Remy.
Lorsque les policiers sont arrivés sur place, Michel Thomée était à l'étage, assis sur son lit, un pistolet de calibre 22 L posé sur la table de nuit. La victime gisait sur le sol du salon. Selon le médecin légiste, elle a été atteinte par quatre balles: un tir au niveau de la partie supérieure droite de la tête, un autre à hauteur du thorax, un troisième au niveau du maxillaire gauche et un dernier non loin de l'oreille gauche avec pénétration intracrânienne.
C'est à la suite des confidences de Cécile Remy sur les violences de son mari que Francis Lambot en est venu à côtoyer Michel Thomée. Depuis plusieurs jours, la victime, qui avait fait des études d'éducateur social, discutait beaucoup avec l'épouse de l'accusé. Le 18 mai 2004, il avait même raccompagné cette dernière chez elle et en avait profité pour mettre en garde l'accusé s'il levait encore la main sur la femme.
Une semaine plus tard, c'est le drame. Énervé par une nouvelle visite de Francis Lambot, l'accusé, un habitué des stands de tir de la région, saisit son pistolet calibre 22 L et, tout en descendant l'escalier, tire, dira-t-il, par réflexe en voyant la victime se diriger vers lui. Cependant, d'après les expertises, la version de l'accusé du tir dans l'escalier n'est absolument pas compatible avec les constatations médico-légales. Il apparaît comme totalement impossible que Michel Thomée ait pu tirer sur Francis Lambot en lui faisant face. En d'autres termes, le tir trans-thoracique a été tiré quand la victime était de dos.
Dans le cadre de l'instruction, l'accusé a également été soumis à une analyse psychiatrique. Selon les experts, Michel Thomée possède un quotient intellectuel d'un niveau supérieur. Il présente néanmoins une certaine impulsivité et sa capacité à entretenir des relations proches et étroites est limitée. Les experts soulignent aussi un manque d'équilibre et d'harmonie dans ses attachements.
(belga/7sur7)