Des prisonniers à Buchenwald pendant la deuxième Guerre Mondiale.
Pieter De Crem (CD&V), ministre de la Défense, considère que ce n'est "pas la tâche principale de l'armée" d'aider à l'organisation de ce genre de voyages.
Le Groupe Mémoire, composé de rescapés des camps de concentration et d'extermination de la seconde Guerre mondiale, a indiqué jeudi avoir appris avec "infiniment de regret et d'incompréhension" la décision du ministre de la Défense, Pieter De Crem (CD&V) de supprimer l'aide apportée par l'armée aux organisateurs de voyages de mémoire dans les camps nazis.
L'Etat belge a toujours appuyé l'action des rescapés des camps, rappelle le Groupe Mémoire-Groep Herinnering, dans un communiqué adressé à l'agence BELGA et signé par son président, Pierre Paul Baeten. "C'est donc avec infiniment de regret et d'incompréhension que le Groupe Mémoire constate que le ministre décide, sans même s'informer, de supprimer toute aide aux organisateurs qui, depuis plus de soixante ans, conduisent les jeunes sur les lieux de mémoire", a ajouté M. Baeten.
Selon lui, cette aide est pourtant "minime": un car militaire dont les anciens assurent les frais d'essence et les frais de logement et de restauration des chauffeurs, ce que le ministre feint d'oublier. Le Groupe Mémoire ajoute s'interroger sur cette décision ministérielle "dont l'origine pourrait cacher une volonté d'oubli" et regretter "ces décisions néfastes à notre démocratie, à notre liberté pour lesquelles tant d'êtres humains luttèrent pour les reconquérir". Il souligne enfin que l'Etat allemand prescrit une telle visite (gratuite) à toutes les écoles du pays.
Le Groupe Mémoire, constitué de prisonniers politiques de 40-45, s'attache à vérifier l'entière vérité des événements de la guerre et à faire connaître les horreurs du nazisme aux jeunes générations. M. De Crem a affirmé mercredi qu'il "respecterait la loi" en ce qui concerne la mise à disposition d'autocars militaires pour des associations diverses - et notamment patriotiques - et annoncé qu'il rédigerait un arrêté royal pour encadrer ces mises à disposition de moyens de l'armée et éviter une "concurrence déloyale" au secteur privé.
"Ce n'est pas la tâche principale de l'armée", avait souligné le ministre en commission de la défense de la Chambre, en réponse à de nombreuses questions de parlementaires.
(belga)


