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Thèse sur l'écart communautaire dans l'enseignement

Les meilleures performances de la Flandre par rapport à la Communauté française dans l'enseignement trouvent leur source dans la définition des socles de compétences et dans les moyens financiers accordés par les pouvoirs publics, a affirmé jeudi l'APED (Appel pour une école démocratique), une association active dans la promotion d'une école "démocratique".

Les écarts de performances mis en évidence dans la dernière enquête PISA de l'OCDE sont fortement liés à l'origine sociale des élèves, relève l'APED. Il n'en reste pas moins que ce facteur, lié à ceux de l'immigration, des pratiques d'orientation scolaire ou encore de la différence dans les efforts fournis par les élèves face aux tests, n'expliquent qu'un tiers de l'écart chiffré par PISA, a calculé l'APED.

Pour déterminer les causes pouvant expliquer les deux tiers restants, l'APED a comparé de manière statistique les "socles de compétences" francophones et les "eindtermen" flamands en mathématique, ainsi que le financement des pouvoirs publics. Deux facteurs dont l'impact sur les performances des élèves, concède-t-elle, n'est cependant pas mesurable. Ainsi, le nombre de concepts et de savoir-faire relevés s'élève à 334 en Flandre, pour 140 en Communauté française. Cela se traduit par des exigences plus élevées côté flamand mais aussi par des recommandations plus précises, plus explicites.

En outre, la structure côté francophone pécherait par un manque de logique. "Les socles de compétences francophones peuvent donc être interprétés de manière minimaliste par les enseignants. Ils leur imposent un travail de relecture et de reconstruction qu'ils n'ont pas souvent le temps de faire, d'où un encouragement à abaisser les exigences", analyse Nico Hirtt (APED).

Il s'agit à ses yeux d'une dérive du choix réalisé il y a une dizaine d'années par la Communauté française pour des compétences à acquérir de manière transversale, une approche selon lui dogmatique qui mène à une diminution de la structuration du savoir. L'APED réclame donc une révision des socles de compétences et des programmes en Communauté française, pour les rendre plus clairs, exigeants et stricts.

Quant au financement, l'enseignement flamand bénéficie d'un surcroît de moyens de l'ordre de 10 à 22 pc selon les niveaux d'enseignement, a calculé l'APED. Pour réduire l'écart des performances entre élèves des deux Communautés et assurer l'égalité de traitement entre élèves de Belgique, l'APED réclame une refédéralisation du financement de l'enseignement.

A défaut, il conviendrait selon elle de revoir la clé de répartition entre Communautés en se basant sur le nombre effectif d'élèves (et non celui des jeunes en âge de scolarité obligatoire) et en augmentant la dotation fédérale à un niveau qui permettrait à la Communauté française de refaire son retard sur la Flandre.

L'Appel pour une école démocratique se présente comme un mouvement de réflexion et d'action. Cette association bilingue est née au milieu des années 90.
(belga/7sur7)

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