Le dossier Sagawé est une "affaire Antoine", estime le parlementaire MR Willy Borsus, affirmant que le ministre wallon de l'Aménagement du territoire a commis plusieurs "fautes lourdes" dans le dossier.
"Une fois sa politique du bulldozer lancée, il s'est rendu compte que la situation était plus compliquée que prévu", a remarqué Willy Borsus, dénonçant notamment le fait que le ministre Antoine a donné injonction, en février 2007, à une société de logement social de réserver un logement pour les Sagawé.
Aucune injonction
"Cette démarche, signée personnellement par le ministre, contrevenait gravement à la réglementation qu'il est tenu de faire respecter", a souligné M. Borsus. Le parlementaire MR, qui a travaillé au cabinet de Michel Foret quand il était ministre, dément que des pressions ont été exercées par "une haute personnalité libérale", en l'occurrence Louis Michel, pour éviter l'expulsion du couple Sagawé.
"Plusieurs personnalités politiques, issues de toutes les familles politiques, ont pris contact avec les Sagawé. Mais il n'y a eu aucune injonction", a-t-il expliqué, rappelant que c'est la "sagesse" qui avait prévalu pour éviter l'expulsion du couple d'octogénaires. "Le ministre avait tenu compte du caractère dommageable de l'expulsion pour ces personnes âgées", a précisé Willy Borsus.
Mensonge
Le parlementaire a aussi pointé du doigt les "mensonges" d'André Antoine. "Il a dit qu'il avait signé une convention vendredi après avoir appris un élément neuf. Ce revirement de position est tout simplement pathétique. L'accord a été signé après plusieurs jours, voire plusieurs semaines de discussions. Le ministre a donc menti; comme lorsqu'il a déclaré à de nombreuses reprises que le couple Sagawé serait expulsé", a commenté Willy Borsus.
Selon lui, le ministre Antoine a signé un accord parce qu'il était "acculé". "Soit la Région avait gain de cause et on expulsait; soit elle perdait. Ces deux solutions sont la peste et le choléra. Elles sont toutes les deux mauvaises aux yeux de l'opinion publique et le ministre a donc choisi une autre voie, contraire à ce qu'il avait déclaré plus tôt", a conclu M. Borsus.


