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Colloque sur les violences faites aux femmes en RDC

A quelques jours de la Journée internationale des Femmes, le 8 mars, le parlement de la Communauté française organisait jeudi un colloque sur le thème des "Violences faites aux femmes en République démocratique du Congo".

Un appel a notamment été lancé au gouvernement fédéral afin que des actions soient mises en place. La Communauté française organise ce colloque afin de donner suite à une résolution votée il y a trois ans au parlement. "Nous ne voulons pas que cette résolution reste lettre morte et c'est pourquoi nous organisons aujourd'hui une action de sensibilisation. Nous voulons attirer l'attention du fédéral sur ce problème pour que des actions concrètes puissent émerger", a expliqué la députée bruxelloise Céline Fremault lors de la présentation du colloque à la presse.

"Même si la Communauté française à peu de compétences, il ne faut pas qu'elle se détourne du problème", a-t-elle poursuivi.
"Les violences faites aux femmes se produisent surtout dans les régions de l'est du Congo, comme le Kivu et le Katanga. Les femmes et les enfants sont violés, parfois de manière collective. Les hommes sont obligés de violer leurs propres filles. Mais les hommes sont eux aussi violés, sodomisés. Cela anéanti leur dignité et celle de leur famille", a témoigné Elise Muhimuzi, secrétaire permanente du Comité national Femme et Développement.

"On a déjà recensé 68.800 cas de violences sexuelles pour la seule province du Kivu. La violence est utilisée comme une tactique de guerre. Les viols sont guidés par des motifs politiques. Le but est d'anéantir la communauté à travers les viols parce que les auteurs des viols savent qu'ils sont atteints du VIH ou d'autres maladies sexuellement transmissibles", a-t-elle ajouté.

"Le système pénal condamne le viol, mais rien n'est fait pour l'arrêter. Le gouvernement congolais a voté des lois sur les violences sexuelles, mais les victimes rencontrent des difficultés énormes pour accéder à la justice. La mentalité des juges et des magistrats au Congo joue également un rôle important. Ils sont mal payés et capables d'éteindre une action publique pour une petite somme d'argent", a pour sa part dénoncé Annie Balayi Kapajika, avocate au barreau de Kinshasa. (belga/7sur7)

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