"Un jeu mais pas un acte raciste"

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Par: rédaction
10/03/08 - 20h51

Les trois accusés qui comparaissent lundi devant la Cour d'assises du Hainaut - Patricia Larsimont (21 ans), Julien Docquier (19 ans) et Claudio Gualano (19 ans) - ont reconnu avoir commis une tentative d'homicide avec la circonstance aggravante, pour Docquier et Gualano, que le mobile est le racisme. Les faits, qui s'étaient déroulés durant la nuit du 19 au 20 avril 2006 à Charleroi, visaient deux prostituées noires.

Julien Docquier a affirmé que Patricia Larsimont tente de l'accabler mais que c'était elle qui voulait se venger de la prostituée. Il a précisé avoir tenu des propos racistes parce qu'il était dans un délire mais qu'il n'était pas raciste. Claudio Gualano a lui reconnu avoir jeté le Cocktail Molotov, en passant en voiture à hauteur des deux prostituées, mais a ajouté qu'il n'avait pas vraiment visé.
Colette Meto a été brûlée sur quasiment tout le corps alors que Marie-Ange Groga, aussi touchée par l'engin incendiaire, avait réussi à enlever ses vêtements pour éviter que les flammes ne lui brûlent la peau.

L'interrogatoire des trois accusés a surtout été marqué par les tensions entre Larsimont et Docquier. Tous deux sortaient ensemble au moment des faits. Selon la première, Docquier voulait absolument s'en prendre à des prostituées noires car il voulait "les blanchir". Elle a affirmé qu'elle aurait dû le quitter plus tôt mais qu'elle ne l'a pas fait. "Après les faits, ils riaient" , a-t-elle déclaré. L'accusé a précisé que d'autres incidents avaient eu lieu, notamment sur le parking d'un cinéma où Docquier avait voulu écraser des gens qu'ils pensaient être flamands.

Elle a rappelé que le mercredi des faits, les trois accusés et un mineur jugé devant le tribunal de la jeunesse, s'étaient rendus dans le quartier des prostituées pour insulter des filles. L'une avait répondu en les injuriant et en jetant une poubelle sur Larsimont. Elle a précisé que tous s'étaient alors un peu remontés et que Gualano avait parlé du cocktail Molotov. Ils étaient allés faire des courses, avaient acheté la bouteille, puis l'essence. Elle a aussi avoué qu'après avoir commis ce terrible acte, les quatre s'étaient rendus chez son ex-compagnon pour y perpétrer un vol.

Docquier a déclaré que le lendemain, c'était Larsimont qui avait précisé qu'il fallait s'en prendre à ces filles car elle avait été victime du jet de poubelles. "Elle n'avait pas eu mal mais elle voulait faire la maligne. Elle voulait descendre de la voiture pour les frapper. On lui avait dit d'y aller. Elle voulait se venger. "Après, il est évident que nous nous sommes tous un peu remontés. C'était un peu comme un jeu. Moi, en tout cas, je ne me rendais pas compte des conséquences que cet acte pouvait avoir".

Docquier comme Gualano, ami de Docquier, ont précisé que c'était Larsimont qui avait désigné la cible. Gualano a ajouté avoir jeté le cocktail sans savoir exactement où il tombait. Il a précisé ne pas avoir vu les femmes qui brûlaient.

Auparavant, lui aussi affirmait que Docquier avait tenu des propos racistes. Devant la cour, il a déclaré lundi: "J'étais fatigué et on me demandait de confirmer ce que Larsimont disait, alors je disais oui. Mais, en fait, il disait juste qu'elles étaient noires". Docquier a pourtant reconnu qu'il était possible qu'il ait tenu de tels propos : "J'étais dans un délire. Je ne pensais pas ce que je disais. J'ai d'ailleurs toujours eu des copains arabes. Lorsque je me faisais arrêter auparavant, on me disait toujours que j'étais avec des étrangers!" (belga)

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