Belliraj: une commission rogatoire au Maroc d'ici quelques semaines
L'envoi d'une commission rogatoire belge au Maroc dans le cadre de l'enquête relative au démantèlement au Maroc d'une cellule terroriste présumée de 35 membres dirigée par le Belgo-Marocain Abdelkader Belliraj, devrait prendre plusieurs semaines, a annoncé mardi la porte-parole du parquet fédéral Lieve Pellens. Le délai dépendra notamment du temps que prendront les autorités marocaines à accepter l'envoi de commissions rogatoires belges.
Il a été décidé lundi de confier le dossier terrorisme au parquet fédéral et les autres dossiers relatifs aux six assassinats au parquet de Bruxelles, lors d'une réunion à laquelle ont participé le procureur fédéral Johan Delmulle, le procureur de Bruxelles Bruno Bulthé et les magistrats et enquêteurs concernés par l'affaire. Au moins deux commissions rogatoires belges devraient dès lors être envoyées au Maroc.
Le parquet fédéral a par ailleurs indiqué avoir été officieusement avisé du souhait des autorités marocaines d'envoyer en Belgique une commission rogatoire. "Nous n'avons aucune réticence", a indiqué la porte-parole du parquet fédéral.
EnquêteLe parquet fédéral va poursuivre son enquête afin de déterminer si le chef présumé du réseau terroriste démantelé au Maroc, Abdelkader Belliraj, a pu mener en Belgique des activités liées au terrorisme. Le parquet fédéral rappelle toutefois qu'Abdelkader Belliraj n'était pas suspecté de faits liés au terrorisme en Belgique avant son arrestation au Maroc.
Le parquet de Bruxelles n'a pas encore pris la décision de confier les différents dossiers d'assassinat à un seul ou plusieurs juges d'instruction. Concernant les six dossiers visés, un seul est toujours à l'instruction, les autres affaires ayant débouché sur des non-lieux faute d'auteur connu. Ces dossiers devraient être repris par un ou plusieurs nouveaux juges d'instruction.
ConfrontationLe parquet de Bruxelles va examiner en profondeur les dizaines de pages rapportées par les enquêteurs belges revenus du Maroc. La confrontation des éléments du dossier marocain avec ceux des dossiers du parquet de Bruxelles ne pourra, elle, être réalisée qu'au retour en Belgique de la future commission rogatoire, estime le parquet de Bruxelles.
Selon le parquet fédéral, le parquet de Bruxelles pourrait n'envoyer, pour des raisons d'ordre pratique, qu'une seule commission rogatoire, et ce même si les différents dossiers devaient rester scindés.