Le ministre flamand du Logement Marino Keulen est irrité par le rapport du Comité des Nations Unies pour l'élimination de la discrimination raciale. Le Comité avait dit mardi qu'il était "préoccupé par le décret adopté en 2006 par la communauté flamande restreignant l'accès aux logements sociaux aux seules personnes ayant pris l'engagement d'apprendre le néerlandais".
Conseil d'Etat complice
"On me marche sur les pieds. Puis-je rappeler qu'aussi bien la Cour constitutionnelle que le Conseil d'Etat ont estimé que le Wooncode ne lésait les droits fondamentaux de personne? Que du contraire, nous voulons que les personnes puissent mieux fonctionner en Flandre", souligne-t-il.
Pas d'examen
M. Keulen affirme que personne ne doit prouver qu'il connaît le néerlandais. "Il n'y a pas d'examen, pas d'obligation de résultat mais seulement une obligation de faire des efforts", dit-il. Pour M. Keulen, le rapport du comité repose seulement sur des raisonnements schématiques. "Mais nous recevons une étiquette face à laquelle nous devons nous défendre", a dit M. Keulen au quotidien De Morgen.
Aucun contact
"Les Nations Unies n'ont jamais pris contact avec mon cabinet pour demander des explications sur le Wooncode. S'il l'avaient fait, ils sauraient qu'il s'agit seulement d'une mesure sociale pour améliorer la qualité de vie dans les quartiers de logements sociaux", a-t-il précisé ce mercredi à la VRT Radio.
Selon les observations finales du Comité réuni à Genève du 18 février au 7 mars, la Belgique devrait notamment "veiller à ce que les exigences linguistiques ne conduisent pas à une discrimination indirecte exercée en raison de l'origine nationale ou ethnique". Le même Comité enjoint la Belgique à ratifier la Convention-cadre du Conseil de l'Europe sur la protection des minorités ainsi que la Convention des Nations Unies sur la protection des droits des travailleurs migrants et de leurs familles. (belga)


