Black Wolves: les parties civiles veulent cinq coupables

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Par: rédaction
12/03/08 - 13h49

Devant la cour et le jury d'assises de Bruxelles-Capitale, qui jugent cinq accusés pour le meurtre de Lionel Isenge, 22 ans, les avocats des parties civiles ont commencé à plaider ce mercredi matin et jusqu'en début d'après-midi.

"Orson" Mangala, 21 ans, "Mulayi" Fabrice Mukuna, 21 ans, Popaul Lomami, 21 ans, "Grace" Kialanda, 20 ans, et Trésor Mutamba, dit "Pirate", 23 ans, répondent du crime présumé commis la nuit du 22 au 23 octobre 2005, devant la discothèque "Lounge Bar", rue Henri Maus, à proximité de la Bourse, dans le centre de Bruxelles. Grace Kialanda a avoué avoir porté le coup de couteau mortel.

"Lionel Isenge était la cible et Grace Kialanda était l'instrument qui devait passer un test, réussir un examen pour être quelqu'un dans la bande des Black Wolves. Les cinq accusés appartiennent à cette bande, sans le moindre doute. Grace Kialanda a porté le coup de couteau mortel, après que ses comparses ont isolé la victime", a souligné Me Delphine Kips.

La plaideure a relu des extraits de l'ordonnance de la chambre du conseil et de l'arrêt de la chambre des mises en accusation qui ont, toutes deux, tracé le même scénario du crime. A savoir que Lionel Isenge a été isolé et encerclé par des membres des Black Wolves pendant que d'autres contenaient ses amis pour les empêcher de lui porter secours.

Relisant les dépositions de témoins ou de protagonistes du drame, ainsi que les rapports des experts, Me Vincent Lurquin a considéré que les déclarations de Grace Kialanda, qui dit avoir tendu un bras avec un couteau au bout, au moment où la victime est venue s'empaler face à lui, est invraisemblable. La démonstration est faite, selon l'avocat, à partir du moment où le dr Bonbled, le médecin légiste, a fait valoir que le coup de couteau a été porté en région dorsale inférieure gauche avec une violence extrême pour éclater la rate, l'estomac, le diaphragme, le péricarde et, finalement, le ventricule gauche du coeur de la victime.

Me Lurquin a rappelé également que le manteau de Lionel Isenge était épais, en mouton retourné, et que Grace Kialanda a dit que lorsqu'il a agi, la victime ne le voyait pas. L'avocat en a déduit que le quatrième accusé a sciemment agressé la victime dans le dos. Il a insisté sur la nécessité de tirer un trait sur la thèse d'un accident ou d'une provocation éventuelle. De relire aussi l'examen du coeur de Lionel Isenge pour considérer que la plaie était énorme.

Enfin, Me Gilles Vanderbeck a voulu réserver un sort particulier à "Pirate" Mutamba qui dit être resté à l'intérieur de la discothèque pendant les évènements et qui nie avoir appartenu aux Black Wolves. Le troisième avocat des parties civiles a repris un procès-verbal de synthèse dressé par les enquêteurs, le 13 décembre 2006, à propos des bandes urbaines d'Ixelles pour indiquer que, pour appartenir aux Black Wolves, il faut être né en 1986 mais que la génération précédente, ceux qui sont nés en 1984, appartenait aux Black Style et que la génération suivante, ceux qui sont nés en 1988, appartient à la Maf (Mafia africaine).

"Mutamba est un ancien des Black Style, mais c'est la même bande. Il est un aîné, un violent qui a déjà fait ses preuves, notamment pour des vols avec violences, puis surtout pour un viol collectif qui lui a valu 40 mois de prison en 2005", a conclu Me Vanderbeck.

L'audience a repris ce mercredi après-midi, avec la dernière plaidoirie, celle de Me Alain Vergauwen pour les parties civiles. Le réquisitoire du procureur général sera entendu en fin d'après-midi. (belga)

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