Près de 4000 enfants victimes de maltraitances en 2006

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Par: rédaction
13/03/08 - 16h09

Le service SOS Enfants de la Communauté française a pris en charge 3.925 enfants en 2006, soit 366 de plus qu'en 2005, a indiqué jeudi la ministre de l'Aide à la jeunesse Catherine Fonck en Commission ad hoc du parlement de la Communauté française.

Interpellée par Paul-Olivier Delannois (PS), Chantal Bertouille (MR) et Monique Willocq (cdH), la ministre a affirmé que depuis son entrée en fonctions, un "effort budgétaire énorme" avait été consenti en faveur des équipes de SOS Enfants, l'un des maillons de la lutte contre la maltraitance des enfants. On est passé de 3,4 millions d'euros en 2004 à 4,8 millions en 2008, ce qui représente 40% d'augmentation, a-t-elle dit. De plus, ces équipes ont été intégrées à l'accord 2003-2006 sur le non marchand. Ces équipes couvrent à présent tout le terrtoire concerné par la Communauté et sont réparties selon les arrondissements judiciaires.

Les équipes travaillent en collaboration avec d'autres personnes et institutions, au sein d'un système de prise en charge fort complexe en Communauté française, a convenu Mme Fonck. Dès lors, elle a fait établir un rapport pour essayer de clarifier la situation. Le document vient de lui être remis; il présente un découpage du secteur en 5 sphères et propose une cartographie de tous les services composant le système actuel de lutte contre la maltraitance des jeunes. Il sera l'objet d'un large débat, sur les suites à lui réserver, a encore indiqué la ministre.

Dimension 7
Evoquant le cas particulier des faits de maltraitance d'enfants survenus au home "Dimension 7" à Tournai, elle a confirmé qu'il s'agissait d'un service non agréé. Il est fait appel à ces établissements pour certaines placements nécéssitant des aides spécialisées ou en cas de manque de place dans les institutions agréées et subsidiées. Le décret de mars 1991 sur la maltraitance prévoit que lorsque la Communauté française doit payer les frais de tels séjours en institution non agréée, celle-ci fait l'objet de l'inspection des services de la Communauté.

Le cas des jeunes maltraités, qui ne faisaient pas l'objet d'une mesure de placement, a été signalé par des plaintes de parents et d'éducateurs, à la suite de quoi le Service d'Aide à la Jeunesse (SAJ), dont l'intervention se limitait jusque là à payer les frais d'hébergement de 4 enfants, est intervenu, avertissant le Parquet. Après confirmation des faits par celui-ci, le SAJ a retiré les jeunes concernés du home pour les héberger ailleurs, tout comme 7 autres enfants qui séjournaient à "Dimension 7" et dont la présence a été signalée par le Parquet.

Mme Bertouille a regretté que l'inspection du home n'ait pu se faire avant que les événements se produisent. Elle estime qu'il faut revoir le fonctionnement des services de contrôle, qu'ils s'occupent des établissements agréés ou non. La directrice du home, une ancienne religieuse qui vient d'être remise en liberté, a été placée sous mandat d'arrêt le 12 février. Elle est poursuivie pour maltraitances physiques et psychiques envers des enfants avec pour circonstances aggravantes que les victimes sont des mineurs d'âge et que l'inculpée avait autorité sur eux. L'inculpation porte également sur la privation de soins et d'aliments. Un jeune homme de 23 ans, membre du personnel du home, a aussi été placé sous mandat d'arrêt.

Implantée rue Albert 1er à La Glanerie dans l'entité de Rumes, l'asbl "Dimension 7" accueillait de 12 à 15 enfants âgés de 6 à 11 ans. Ces enfants étaient placés par le service de la protection de la jeunesse, le service d'aide à la jeunesse ou par leurs parents. (belga)

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