Le terroriste présumé Abdelkader Belliraj été accompagné, pour la plupart des six meurtres commis à Bruxelles, par un certain Abdelatif Bekhti, écrit vendredi le quotidien La Dernière Heure. Belliraj s'adonnait par ailleurs à un trafic d'armes à destination du Maroc, qu'il dissimulait dans les cercueils de musulmans décédés, indique pour sa part Het Laatste Nieuws, citant des sources bien informées.
Lors de l'arrestation de Belliraj en février dernier au Maroc, un impressionnant arsenal composé d'armes de guerre avait été découvert. Elles provenaient toutes de Belgique. Belliraj avait commencé son trafic en 1993 vers son pays natal, souligne le quotidien flamand, qui précise que tout porte à croire que ce trafic s'effectuait dans des cercueils. Les cercueils ne sont ni contrôlés ni ouverts par les douanes ou les services de police.
Des complices l'aidaient à mettre sur pied ce trafic via des entreprises de pompes funèbres qui rapatriaient des musulmans décédés, précisent les sources. Des cercueils étaient aussi rapartriés sans corps, mais avec des armes et de l'argent, ajoute-t-elle.
Jamal Ben Tahar, le directeur des Pompes Funèbres Islamiques de Belgique, à Bruxelles, qui rapatrie jusqu'à 500 cadavres par an, ne croit pas que des trafiquants aient pu utiliser son entreprises pour mettre en place leur commerce illégal.
Par ailleurs, une des six victimes de Belliraj en Région bruxelloise a été tuée par erreur. Cette victime, Raoul Schouppé, était exécutée le 23 juillet 1988 dans son épicerie par Belliraj, ce dernier croyant que M. Schouppé était juif. Sa famille a précisé jeudi que ce n'était pas le cas.
Toujours selon La Dernière Heure, l'enquête menée tant au Maroc qu'en Belgique montre qu'Abdelkader Belliraj n'a pas commis seul les assassinats commis en Région bruxelloise entre 1988 et 1989. Les faits, en tout ou en partie, ont été commis par Belliraj avec un fidèle Abdelatif el Bekhti, de Berchem-Sainte-Agathe, également arrêté au Maroc le 18 février dernier.
Belliraj faisait partie, en mars 2003, du commando "à la camionnette" qui avait fait évader Bekhti de la prison luxembourgeoise de Schassig.
Ces années avaient également été émaillées par de nombreux hold-ups "classiques", y compris en Région bruxelloise, dont la motivation terroriste n'avait jamais été soupçonnée. C'est le cas d'un hold-up perpétré le 16 avril 1999 contre le bureau des postes de Forest. (belga)


