Leterme Ier vu par la presse

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Par: rédaction
19/03/08 - 08h30

Oscillant entre soulagement et surtout manque d'enthousiasme, la presse francophone est longuement revenue dans ses éditions de mercredi sur l'accord de gouvernement engrangé "au finish" dans la nuit de lundi à mardi par les 5 partis (MR, cdH et PS, côté francophone, CD&V et Open Vld côté flamand) qui formeront le gouvernement Leterme Ier.

Titrant en "une" "Le Terne Ier", le journal Le Soir parle d'un accord
de gouvernement "flou et peu ambitieux" et un nouveau premier ministre qui "impose un réalisme peu emballant". Dans son éditorial intitulé "Une nouvelle équipe, un leurre", la rédactrice en chef du quotidien, Béatrice Delvaux, affirme qu'après neuf mois sans gouvernement "on serait tenté de dire 'ouf'. Pourtant, il n'y a pas de quoi pavoiser. Car il y a fort à parier qu'à un gouvernement intérimaire succède un gouvernement temporaire", estime Béatrice Delvaux, évoquant les échéances de juillet 2008 voire de juin 2009.

Leterme Ier, no future?
C'est davantage le soulagement qui prévaut en une de La Libre Belgique: "Après 282 jours, enfin d'accord! ", titre le quotidien. Un ton confirmé dans un premier temps par l'éditorialiste Michel Konen qui
affirme: "après 282 jours de négociations, Leterme a enfin réussi à mettre tout le monde d'accord autour de la table. Ce n'est pas trop tôt. On s'en réjouit", avant toutefois de déclarer "ne pas partager l'enthousiasme des négociateurs" à propos de l'accord conclu. Et le rédacteur en chef de la Libre Belgique de juger qu'"il est excessif de parler de programme à propos de cet accord", préférant parler d'un "catalogue de bonnes intentions". "Leterme n'a pas mis les problèmes non résolus au frigo, selon l'antique technique belge. Il les a repoussés à plus tard, aux semaines et aux mois à venir. Il a pavé son avenir de chausse-trapes (...). Leterme Ier, 'no future'? ", conclut l'éditorialiste.

"Sortir de sa coquille"
De son côté, le quotidien économique L'Echo annonce sur sa première
page qu'"Yves Leterme a enfin son accord fédéral", tout en pointant
également du doigt le flou budgétaire qui entoure le programme
gouvernemental. Dans son éditorial, le journaliste Christophe De Caevel enchaîne en se demandant si Yves Leterme est "ministre du budget ou vraiment premier ministre? ". "Le plus difficile commence seulement pour Yves Leterme", poursuit-il, "il doit donner du souffle à un accord forcément alambiqué vu la composition de l'équipe et les circonstances de sa naissance". Saluant le "balisage" que constitue l'objectif de surplus budgétaire d'au moins 1% d'ici 2011, le journaliste de l'Echo estime cependant qu'"Yves Leterme doit sortir de sa coquille de ministre du Budget pour se muer en véritable premier ministre".

Humilité
La Dernière Heure/Les Sports, qui consacre 5 pages à l'accord de gouvernement, annonce en une "Leterme Ier: les mesures qui vont changer votre vie" et revient en page intérieure sur les grandes mesures qui seront adoptées par le nouveau gouvernement fédéral. Dans une tribune intitulée "Définitivement provisoire", le journaliste politique Christian Carpentier évoque le "miracle" de l'accord gouvernemental et souhaite à Yves Leterme "d'enfin trouver l'humilité nécessaire pour retrouver ces voies de sagesse. Car le bateau ivre dont il va désormais recevoir officiellement le gouvernail est aussi le nôtre", juge Christian Carpentier.

La vieille recette belge
"Un gouvernement, ENFIN! ", soulignent avec soulagement les journaux du groupe Vers L'avenir. Dans un billet au ton décalé, le journaliste Xavier Diskeuve considère que l'accord de gouvernement "a le mérite d'exister". Dans son commentaire, Philippe Leruth juge pour sa part que "la vieille recette belge a une nouvelle fois fait ses preuves".

Un accord Standard
Enfin, les quotidiens du groupe Sud Presse annoncent en une: "Voici
tout ce qui va changer pour vous". Dans son éditorial intitulé "C'est un
accord Standard", Louis Maraite estime que, à l'instar d'une soirée
électorale, "tout le monde il a gagné! ". Mais, avertit l'éditorialiste de
Sud Presse, en juillet, lors du réajustement budgétaire, "on va chiffrer
tout cela et on pourra s'empoigner, sans avoir besoin du deuxième paquet institutionnel pour sauter. Tout le monde aura alors perdu... sauf le Standard", conclut-il. (belga)

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