J-6 avant le début du procès Fourniret

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Par: rédaction
21/03/08 - 10h47
En échange du meurtre de ses deux maris, Monique Olivier devait aider Fourniret à trouver une fille vierge pour assouvir son fantasme.

La cour d'assises des Ardennes françaises entamera le jeudi 27 mars le procès de Michel Fourniret, poursuivi pour sept meurtres (dont deux avec préméditation), enlèvements et viols ou tentatives de viols d'adolescentes ou de jeunes femmes. Son épouse, Monique Olivier, sera avec lui sur les bancs des accusés pour sa participation dans cinq de ces faits.

Le parcours meurtrier de cet homme de 65 ans, condamné dans les années '60 pour des faits de moeurs, a débuté en décembre 1987, quelques mois après sa sortie de prison où il purgeait une peine pour des viols sur mineures. Son équipée mortelle, entre la France et la Belgique où il s'est installé en 1991, s'achèvera en juin 2003 dans la région de Ciney après l'enlèvement manqué d'Asumpcion. Cette adolescente de 13 ans réussira à s'échapper de la camionnette où son ravisseur l'avait enfermée. Aidée par une automobiliste, elle donnera le numéro d'immatriculation de la camionnette de Fourniret à la police qui l'interpellera à son domicile de Sart-Custinne.

Monique Olivier craque
D'emblée, le parquet de Dinant est intrigué par cet homme, estimant qu'il a certainement d'autres faits à se reprocher. "Sa manière d'opérer pour l'enlèvement, sa façon de s'adresser à cette jeune fille, sa façon de se défendre devant le juge nous ont d'emblée interpellés", explique Philippe Morandini, substitut du procureur du roi de Dinant. Un an plus tard, Monique Olivier, pressée par les enquêteurs, craque. Elle accuse son mari de neuf meurtres et reconnaît sa participation dans certains de ces faits.

Pacte
Le procès d'assises, qui doit durer deux mois, devrait s'apparenter à une douloureuse remontée dans le temps. Il devrait permettre d'approcher les liens complexes qui unissent ce couple qui s'est rencontré grâce à une petite annonce passée par Michel Fourniret en décembre 1986 à la prison de Fleury-Mérogis (France) où il était détenu entre 1984 et 1987. Une longue correspondance, saisie après 2003 à Sart-Custinne, montre ce qui s'apparente à un "pacte" entre les deux accusés qui se marieront en 1989 après avoir eu un enfant un an plus tôt.

Complicité
"Il apparaissait clairement qu'une sorte de pacte avait été conclu entre eux deux. En échange du meurtre de ses deux maris, Monique Olivier devait aider Fourniret à trouver une fille vierge pour assouvir son fantasme", note l'acte d'accusation. Le 22 octobre 1987, Michel Fourniret sort de prison. Il emménage avec sa compagne à Saint-Cyr-les-Colons (France). Le 11 décembre, Monique Olivier aide à la capture d'une adolescente, qui sera violée et étranglée. Fourniret ne tuera pas les ex de Monique Olivier, même s'il fera irruption le 18 décembre 1987 chez le premier mari, se contentant de brûler ses toiles, principalement les portraits de nu de Monique Olivier.

Sept victimes
La majorité des crimes s'échelonnent de 1987 à 1990, puis à l'issue de ce qui apparaît comme une "pause" de 10 ans, reprennent après 2000. Monique Olivier n'est impliquée que dans les cinq enlèvements, meurtres et viols commis au cours de la première période. Les sept victimes sont âgées de 12 à 22 ans, six Françaises et une Belge. Isabelle Laville, Fabienne Leroy, Jeanne-Marie Desramault, Elisabeth Brichet, Natacha Danais, Céline Saison et Mananya Thumpong ont pour la plupart été enlevées, violées, tuées et enterrées dans les Ardennes, belges ou françaises.

Elisabeth Brichet
Une de ces sept victimes est belge. Elisabeth Brichet, alors âgée de 12 ans, a été enlevée le 20 décembre 1989 à Saint-Servais par les deux accusés. Ils ont attendu pendant plusieurs heures qu'elle quitte la maison d'une amie. Ils ont réussi à la faire monter dans leur véhicule sous le prétexte de les aider à trouver un médecin pour leur fils Sélim, âgé de 15 mois. Elisabeth Brichet sera emmenée à Floing (France) et au château du Sautou à Donchery (France) où elle sera étranglée. Son corps sera exhumé des terrains du château en juillet 2004. Ces faits seront examinés par la cour d'assises les 14 et 15 avril.

Hormis ces sept enlèvements, meurtres et viols (ou tentatives de viol), Michel Fourniret seul devra également répondre de trois faits commis en Belgique: l'agression à caractère sexuel d'une toiletteuse pour chiens à Jambes en 1995 (examen par la cour d'assises les 21 et 22 avril), une tentative d'enlèvement à la gare de Gedinne en 2000 (examen le 28 avril) et l'enlèvement d'Asumpcion à Ciney (examen les 31 mars et 1er avril). (belga)

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