A la Chambre, Nollet parle de gouvernement mikado

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Par: rédaction
22/03/08 - 13h52
MISE À JOUR

La Chambre a entamé samedi la discussion relative à la déclaration du gouvernement qui doit aboutir en fin de journée au vote de confiance à l'équipe du premier ministre Yves Leterme. Le chef de groupe Ecolo-Groen! a baptisé l'exécutif Leterme Ier de "gouvernement mikado".

Deuxième intervenant après le chef de groupe Vlaams Belang, le député Jean-Marc Nollet a, au nom du groupe Ecolo-Groen! , fustigé un "gouvernement mikado" sans objectif précis. "J'ai pointé 26 décisions qui restent ouvertes, qui n'ont pas fait l'objet d'arbitrage", a-t-il indiqué à propos de l'accord de gouvernement.

"C'est un gouvernement mikado. Quand on voit la photo officielle, aucun ministre ne regarde dans la même direction. Après avoir retiré un mikado, Guy Verhofstadt, il y en a dix autres qui bougent, 4 nouveaux ministres et 7 secrétaires d'Etat", a-t-il dit.

Jean-Marc Nollet a ciblé dans son intervention le parti socialiste. La politique climatique est renvoyée à une Task Force. "Il y a eu assez de rapports, il est temps de décider maintenant! ", a lancé M. Nollet au ministre Paul Magnette après avoir déposé un par un à la tribune une dizaine d'études commandées jusqu'ici.

Concernant la solidarité, le député écologiste a souligné que parmi les 20% de contribuables les plus précarisés seul 1% allait bénéficier des mesures annoncées en matière de fiscalité. "Je suppose que c'est cela l'empreinte sociale. Voilà pourquoi le PS peut dire qu'il retrouve 95% de son programme dans le gouvernement", a dit Jean-Marc Nollet. "Vous vous occupez des 10% les plus riches", a-t-il dénoncé.

Le président du PS, Elio Di Rupo a appelé le parlementaire Ecolo à "un minimum d'honnêteté intellectuelle". Il a indiqué que l'accord prévoyait en sus du relèvement de la quotité exemptée et de la perspective d'une simplification des barèmes fiscaux intermédiaires, une augmentation des allocations de base, une hausse des pensions et en particulier des petites pensions, ainsi que d'autres mesures bénéfiques à ceux qui ne payent pas d'impôts.

La ministre des Affaires sociales, Laurette Onkelinx, a rappelé que chaque mesure sera réalisée en fonction des marges budgétaires disponibles. Sortant de ses gonds, elle a assuré qu'elle continuera à se battre à chaque conclave pour "donner à la population qui souffre le plus les moyens d'avoir un avenir meilleur".

M. Nollet a encore critiqué à l'adresse du PS qu'en supprimant la cotisation de solidarité sur les pensions, on laissait de côté 1,330 million de pensionnés. Le député écologiste n'a pas obtenu de chiffre sur la revalorisation plus globale des pensions.

Le chef de groupe CD&V/N-VA, Servais Verherstraeten a défendu samedi l'accord de gouvernement avec fougue. "Il est bon que nous retournions à des attitudes politiques normales. Ce gouvernement doit saisir sa chance, mais il devra aussi la mériter, chaque jour", a-t-il dit.

Le député CD&V a balayé du revers de la main les critiques selon lesquelles l'accord de gouvernement est dépourvu de chiffres. Cela n'a, selon lui, jamais été le cas, auparavant non plus, a-t-il dit. "Engranger d'abord, dépenser ensuite", a-t-il ajouté. Selon M. Verherstraeten, le gouvernement a d'ores et déjà réussi son examen d'entrée en proposant des mesures sociales et fiscale et un budget en équilibre.

Servais Verherstraeten a également souligné que les promesses électorales de son parti, sur le plan socio-économique, sociétal, et communautaire, se retrouveaient dans l'accord de gouvernement. Il a été mis fin à l'immobilisme communautaire et de nombreux engagements pour un deuxième parquet de réformes institutionnelles sont sur la table, a-t-il dit. "Si un accord intervient à la mi-juillet à cet égard, nous maintiendrons alors la confiance", a conclu le député démocrate-chrétien.

Au nom du MR, le chef de groupe Daniel Bacquelaine a dit soutenir le gouvernement dans le cadre du combat que mène son parti pour une "réduction de la fiscalité" et une "solidarité active". M. Bacquelaine a eu quelques mots pour Yves Leterme qu'il a félicité. "Vous êtes devenu le premier ministre de tous les Belges. Vous n'êtes plus le leader d'un cartel ou d'une formation politique. Vous n'êts plus le représentant d'une seule communauté de ce pays", a-t-il dit.

Selon Daniel Bacquelaine, la majorité pentapartite repose sur trois pilliers: le "cartel CD&V/N-VA", la "gauche francophone" (le député a alors montré le groupe PS) et les "libéraux réformateurs flamands, wallons et bruxellois, qui constituent dans cette assemblée le groupe le plus important". M. Bacquelaine n'a pas cité (directement) le cdH.

Concernant l'accord, le chef de groupe MR a relevé que les écologistes flamands et francophones, les socialistes flamands et la FGTB l'avaient jugé trop libéral. "Chacun jugera. En ce qui nous concerne, nous nous retrouvons dans le texte de l'accord", a-t-il dit.

En matière de justice, le député réformateur a une nouvelle fois plaidé pour les peines incompressibles. Daniel Bacquelaine a débuté son intervention de samedi par un nouvel hommage à l'action de Guy Verhofstadt. (belga)

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