Le CD&V descend Reynders

sauvegarder
Par: rédaction
29/03/08 - 14h56

Le CD&V s'en est pris aux libéraux, samedi dans la presse flamande, réagissant une nouvelle fois fermement aux propos du président du MR Didier Reynders relativisant l'échéance institutionnelle de la mi-juillet et critiquant l'Open Vld sur l'euthanasie.

"Nous ne nous laisserons plus pourchasser par Didier Reynders", affirme le président du CD&V par intérim, Wouter Beke, samedi dans les colonnes du Standaard. "Il a fait ces derniers mois tant de déclarations qui, quelques jours ou semaines plus tard, ont fondu comme neige au soleil: Yves Leterme ne sera pas premier ministre, le PS n'ira pas au gouvernement, des compétences supplémentaires pour le MR s'il n'y a pas d'accord, etc", énumère M. Beke, se demandant "ce qu'il est advenu de tout cela".

Le président des chrétiens-démocrates flamands rappelle que le gouvernement dans son ensemble a déposé un projet de loi spéciale au parlement déterminant l'agenda et les sujets à débattre lors des négociations pour une réforme de l'Etat. "Ce qui nous importe le plus, c'est ce qui est écrit. Si Reynders ne respecte pas cela, cela signifie qu'il ne tient pas parole", commente Wouter Beke.

Pour le prédécesseur de M. Beke à la tête du CD&V, l'actuel secrétaire d'Etat Etienne Schouppe, les propos de Didier Reynders sont "incompréhensibles". Dans le quotidien De Morgen, M. Schouppe affirme qu'en rejetant la mi-juillet pour un accord sur une grande réforme de l'Etat, Didier Reynders renforce le "cartel flamand" (le CD&V/N-VA, ndlr) et affaiblit le gouvernement. "Il a fait clairement entendre que le cartel était le grand épouvantail des aspirations francophones. Devrions-nous pour cela baisser le rideau ? C'est au contraire une raison de maintenir le cartel aussi solide que possible", commente Etienne Schouppe.

Didier Reynders avait indiqué le 23 mars dernier qu'il était prêt à avancer sur de nouvelles discussions institutionnelles d'ici l'été, notamment en termes de régionalisation du marché du travail, "mais que l'on ne remette pas de nouveau sur la table l'exigence d'une grande réforme de l'Etat pour une date précise, car nous avons maintenant trois ans pour travailler". Il avait ajouté trois jours plus tard que face à la demande flamande d'un "gros poisson institutionnel", il réclamerait une grande réforme fiscale.

Etienne Schouppe tire par ailleurs à boulets rouges contre le président du FDF Olivier Maingain. "Quand vous lisez Maingain (jeudi) dans Le Soir, le dédain avec lequel il parle... Nous en prenons acte. Apparemment, il y a encore des gens qui n'ont pas compris d'où vient l'argent dans ce pays", assène-t-il. Les attaques du CD&V contre les libéraux se focalisent sur l'Open Vld lorsqu'il est question des sujets éthiques, et de l'euthanasie en particulier, dont le débat a été ravivé après le décès par euthanasie de l'écrivain Hugo Claus.

Wouter Beke se dit insatisfait de la manière dont ce débat est mené. "Un sujet aussi essentiel que la mort de quelqu'un dans une famille, le monde politique ne peut pas tenter d'en tirer profit. Certains en ont abusé pour se positionner", estime-t-il. "L'Open Vld a remis l'euthanasie à l'étalage, alors qu'en soi ce n'était pas utile. Cela nuit à la sérénité", ajoute Wouter Beke. Selon lui, "certaines personnes semblent plutôt avoir un problème avec la part de marché des hôpitaux catholiques qu'avec la manière dont ces hôpitaux fonctionnent". "Cela en rebute apparemment certains que les hôpitaux catholiques mettent un filtre palliatif à l'euthanasie. Quel combat d'arrière-garde", commente-t-il. (belga)

Votre avis nous intéresse!