Fourniret: "Je ne parle pas, je gueule"

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Par: rédaction
1/04/08 - 19h42

Michel Fourniret, répétant qu'il ne dirait rien si les débats ne se tenaient pas à huis clos, est sorti brièvement de ses gonds mardi soir en fin d'audience, hurlant quelques phrases sur un point de détail de l'enquête.

Un piège artisanal, destiné à tuer un conducteur de voiture, a été présenté devant la cour d'assises. Michel Fourniret a rejoint mardi pour la première fois Monique Olivier pour désigner la cible de ce piège. L'avocat général, Francis Nachbar s'en est étonné. "Arrêtez de mentir! Ressortez les PV si vous les avez! ", a tempêté Michel Fourniret.

"Vous parlez", a ironisé M. Nachbar, entraînant un tonitruant "Je ne parle pas, je gueule" de l'accusé. L'avocat général lui a signalé qu'il avait alors le visage qu'il avait dû montrer à ses victimes. "Je n'ai jamais caché que j'étais un monstre, moi", a tonné une dernière fois Michel Fourniret. Ce sont quasiment les seules paroles que Michel Fourniret a consenti à prononcer mardi malgré les nombreux efforts du président qui a voulu entendre sa position sur l'enlèvement de Marie.

"Considérez que, dans tous les cas où vous m'interrogez, je réponds par le plus accablant pour moi", a simplement dit l'accusé. L'avocat général a violemment contesté mardi en début d'après-midi les perceptions d'un enquêteur belge qui avait estimé que Monique Olivier était une femme soumise face à Michel Fourniret, considéré comme un "despote tyrannique".

Le commissaire Guy Déom (police judiciaire fédérale de Namur) a été cité par la défense de Monique Olivier. Ses conclusions ne vont pas dans le même sens que celles de trois autres policiers belges déjà entendus, qui avaient été chaleureusement félicités par M. Nachbar.
"Votre travail n'est pas satisfaisant", a dit l'avocat général au policier. Dans un rapport, ce dernier avait décrit Monique Olivier comme une "personne dépersonnalisée", "phagocytée par Michel Fourniret" et en détresse affective.

Un psychiatre a enfin décrit Marie, qui avait échappé aux griffes de Fourniret dans la région de Ciney le 26 juin 2003 alors qu'elle avait 13 ans, comme une "jeune fille brillante et intelligente, fine et sensible".
"Cet acte l'a profondément troublée, peinée, affligée et lui a retiré son insouciance enfantine", a-t-il ajouté, précisant que cela ne devrait toutefois pas compromettre son développement ultérieur. (belga)

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