Paris-Match privé de son accréditation au procès Fourniret

sauvegarder
Par: rédaction
3/04/08 - 16h02
MISE À JOUR

Le parquet général de Reims a annoncé ce jeudi le retrait de l'accréditation de l'hebdomadaire Paris-Match pour couvrir le procès de Michel Fourniret à la suite de la publication d'une photo montrant le tueur en série présumé, assis les bras croisés dans le box des accusés.

Jeudi matin "un hebdomadaire a publié une photographie de Michel Fourniret. Ce cliché a été réalisé dans une salle d'audience et au cours d'une audience, en violation de la loi et en dépit des instructions très claires faites à l'ouverture du procès par le président de la cour d'assises" des Ardennes, a précisé un communiqué du magistrat chargé des relations avec la presse Christophe Aubertin. "Ces agissements sont également incompatibles avec la confiance qui est accordée à la presse durant ce procès. Il a donc été décidé que l'accréditation délivrée à ce média serait retirée", a-t-il poursuivi.

Francis Nachbar, l'avocat général au procès des époux Fourniret, avait affirmé ce jeudi à l'audience qu'une enquête serait ouverte après la publication de cette photo de Michel Fourniret, jugé depuis le 27 mars par la cour d'assises des Ardennes pour sept meurtres aggravés de jeunes filles. L'accusé avait refusé à l'ouverture du procès de s'exposer aux prises de vue des photographes et cameramen, à l'inverse de son épouse et complice présumée, Monique Olivier.

Interrogé par l'Agence France Presse, le procureur général de Reims Eric Enquebecq a affirmé que cette mesure rarissime répondait à une "violation délibérée" des règles qui avaient été rappelées à la presse à l'ouverture du procès, où quelque 300 journalistes et techniciens ont été accrédités, originaires d'une dizaine de pays. "Nous avons été trompés, notre confiance (dans la presse) a été trahie", a ajouté M. Enquebecq, en précisant que cette mesure était sans appel.

La journaliste de Paris-Match qui a vu son accrédiation retirée, Delphine Byrka, a précisé de son côté qu'il n'y avait "pas de photographe accrédité" de l'hebdomadaire au procès. "Je suis responsable de mon texte mais en rien du choix des photos, de l'editing, des titres et encore moins de la maquette" du journal, a-t-elle protesté. "S'il y a des photos de Fourniret dans le box, c'est qu'il y a quelqu'un pour les prendre, on n'achète pas ce qui n'existe pas", a-t-elle ajouté en demandant le renforcement des "mesures de sécurité" au procès. Elle s'est également plainte de ne pas avoir été prévenue de son exclusion avant l'annonce publique de cette mesure faite par M. Aubertin.

D'après la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, tout enregistrement de son ou d'image est interdit dans l'enceinte d'un tribunal. Toute infraction est punie d'une amende de 4.500 euros, outre la confiscation du matériel à laquelle peut procéder le président de la cour.

Au procès des Fourniret -suivi par les médias dans la salle d'audience mais aussi dans deux salles annexes dotées d'un écran géant-, cette interdiction de "tout enregistrement ou captation d'images et de sons de quelque manière que ce soit (caméra, téléphone portable, dictaphone)" est rappelée par de nombreux écriteaux. (afp/belga/7sur7)

Votre avis nous intéresse!