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"Farid le fou" condamné à neuf ans

La cour d'appel de Bruxelles, siégeant en matière correctionnelle, a condamné vendredi Farid Bamouhammad, 40 ans, à 9 ans de prison ferme. Il avait écopé de 10 ans devant le premier juge.

L'intéressé a été reconnu coupable d'une tentative de meurtre sur une policière et de la séquestration de son ancienne belle-soeur et de son ancienne belle-mère, ainsi que des deux petits-enfants de celle-ci, dont une fille de Bamouhammad, entre le 17 et le 19 août 2005. Ces évènements, qualifiés de prise d'otages pendant l'instruction, se sont déroulés dans un appartement situé au-dessus du café 'L'Albertine', près de la gare centrale.

Au terme de 33 heures de négociation avec le ravisseur, la police donna l'assaut et libéra les deux derniers otages encore aux mains du gangster fort bien connu de la Justice. Ce dernier avait déjà permis aux deux enfants de sortir, le 17 août, dans la soirée. Le trentenaire était armé de deux pistolets et d'une grenade. La libération des deux derniers otages s'était déroulée sans effusion de sang. La police avait drogué la nourriture du preneur d'otages qui s'était endormi.

Bamouhammad a été ceinturé par les membres des forces de l'ordre, le 19 août, mais a opposé une résistance physique rarement égalée. Il a fallu plusieurs minutes pour réussir à le maîtriser, tandis qu'il tentait de ramasser la grenade qui avait glissé à terre. En fait, le 17 août, vers 18 heures, lorsqu'elles avaient été averties d'incidents dans cet appartement près de la gare centrale, deux inspectrices de police s'y étaient rendues et l'une d'elles avait été légèrement blessée par Bamouhammad qui avait fait feu à travers la porte. D'où la prévention de tentative de meurtre. Au cours des négociations pour la libération des otages, le prévenu avait encore fait feu à deux reprises.

Selon les adultes séquestrées par le prévenu, et principalement l'ex-belle-mère de celui-ci, qui a obtenu la garde de sa petite-fille, avec son mari, l'intéressé voulait parler avec elle parce qu'il était persuadé qu'elle montait son enfant contre lui. Lors de la dernière rencontre dans un centre de médiation, alors que Bamouhammad était en liberté provisoire, sa fille avait refusé de le voir. Il voulait des explications.

Selon la victime, le gangster avait indiqué, dans un premier temps, qu'il voulait parler, faire un tour en voiture avec tout le monde, puis se suicider. La témoin avait cependant précisé que Bamouhammad est imprévisible et qu'il aurait pu se décider subitement à tuer tout le monde. La fille de cette témoin avait, pour sa part, indiqué qu'elle ne s'était jamais sentie réellement en danger et qu'elle avait eu au moins deux occasions de fuir.

Les avocats de la défense, Mes Xavier Carrette et Chantal Moreau, avaient combattu la prévention de tentative de meurtre, soulignant que son arme était, en fait, un lance-fusée qui n'est pas létal, sauf par un concours de circonstances particulièrement malheureux. La cour n'a cependant pas suivi la défense. Le coup de feu était très rapproché et tiré à une hauteur d'1,53 m. Le prononcé de l'arrêt s'est déroulé sans incident. Au terme de sa lecture, le prévenu a demandé à la cour si elle avait lu son livre paru récemment. Les juges ont répondu poliment par l'affirmative et les agents du corps de sécurité l'ont évacué. (belga)

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