Leterme salue la "réussite" du sommet de l'OTAN

Le Premier ministre belge Yves Leterme a salué vendredi la "réussite" du sommet de l'OTAN de Bucarest, soulignant que l'Alliance atlantique avait démontré sa "capacité de décider".
C'est un sommet "quasiment historique", a-t-il affirmé dans l'avion qui le ramenait de Roumanie, où l'OTAN a notamment décidé d'un nouvel élargissement - certes limité à l'Albanie et à la Croatie - en refusant d'accepter dans l'immédiat les candidatures de l'Ukraine et de la Géorgie. Les 26 pays membres ont également admis pour la première fois que le projet américain de bouclier antimissile en Europe pourrait contribuer à la "protection des alliés" contre les missiles balistiques à longue portée, comme ceux dont se dote l'Iran.
"L'OTAN a démontré sa capacité de décider et de prendre des décisions bien acceptées", a souligné M. Leterme à l'issue d'une rencontre au sommet du Conseil OTAN-Russie au cours de laquelle le président russe Vladimir Poutine s'est montré, selon un diplomate, "mesuré et constructif", malgré les craintes des Occidentaux.
"La réaction de M. Poutine était assez mesurée", a jugé le Premier ministre, dont c'était la première sortie internationale depuis l'investiture du nouveau gouvernement fédéral, le 22 mars dernier.
M. Leterme s'est aussi félicité de la position finalement adoptée sur l'Ukraine et la Géorgie, qui réclamaient, malgré l'opposition de Moscou, l'octroi du Plan d'action en vue de l'adhésion (MAP), ultime étape, sans garantie, avant une adhésion à terme. Les Etats-Unis souhaitaient un octroi immédiat, alors que plusieurs pays - principalement d'Europe occidentale - s'y opposaient, estimant que le moment n'était pas encore venu de déclarer Kiev et Tbilissi candidats officiels à l'OTAN.
La solution de compromis retenue par les dirigeants alliés a été de s'engager à admettre l'Ukraine et la Géorgie à terme, mais en leur refusant pour le moment le MAP. La situation sera revue en décembre prochain par les ministres des Affaires étrangères de l'OTAN. "Je crois que l'on a peu négligé l'avis des pays fondateurs, dont la Belgique", a souligné M. Leterme, dans une allusion au forcing mené par les Etats-Unis en faveur de l'Ukraine et de la Géorgie, avec le soutien d'une dizaine de pays d'Europe orientale, récemment admis à l'OTAN. (belga)