Deux gardiens de la prison d'Ittre ont été reconnus coupables lundi par le tribunal correctionnel de Nivelles de menaces et coups sur un détenu lors d'une altercation. Les deux agents pénitentiaires ont cependant bénéficié de la suspension du prononcé.
Le détenu en question, purgeant une peine à perpétuité pour le viol et le meurtre de sa propre fille, avait lui-même déposé plainte contre les gardiens pour des faits datant du 12 décembre 2006. Ce jour-là, une altercation l'avait opposé à un chef de quartier, Jean V., et à un autre gardien, Laurent B., dans sa cellule à Ittre. Selon les agents, le détenu avait tambouriné à sa porte et lorsqu'ils avaient ouvert la cellule pour voir ce qu'il se passait, l'homme avait essayé de forcer le passage. Les deux gardiens soutenaient l'avoir repoussé pour éviter tout incident.
Le détenu a, pour sa part, fourni une toute autre description de l'épisode en expliquant avoir été victime d'un véritable passage à tabac accompagné d'interrogations cyniques sur les actes lui valant son emprisonnement, d'insultes et de menaces de mort. Des traces de coups ont notamment été relevées sur son visage. Le substitut du procureur du Roi Laurent Gérard a lui-même appuyé la version du détenu, relevant qu'un incident, tel que présenté par les gardiens, aurait dû être signalé à la relève de garde et à la direction de la prison.
Mais aucune mention de l'événement n'a été consignée. "On a voulu étouffer l'affaire", avait affirmé le représentant du ministère public. Le substitut estimait dès lors que le comportement des gardiens était inqualifiable. "La ligne rouge a été dépassée. Nos prisons ne sont pas des lieux de non droit ! ", avait-il tonné. Le ministère public, malgré la virulence de son réquisitoire, ne s'opposait pas une suspension du prononcé.
Le tribunal, tout en estimant que les gardiens de prison n'avaient pas à se comporter comme des "justiciers", a aussi opté pour cette mesure de clémence vu l'absence d'antécédents judiciaires. Les deux gardiens devront néanmoins indemniser le détenu à hauteur de 200 euros de dommage moral. Un troisième agent pénitentiaire, qui avait assisté à la scène et poursuivi pour non-assistance à personne en danger, a été acquitté. (belga)
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