"La priorité est l'exécution des peines"

sauvegarder
Par: rédaction
7/04/08 - 19h21

Le dossier le plus urgent en matière de justice est la problématique de l'exécution des peines, a indiqué lundi le ministre de la Justice, Jo Vandeurzen (CD&V), à la veille de la discussion en Commision de la justice de la Chambre de son budget.

Le budget de la justice pour 2008 atteint 1,607 milliards d'euros, ce qui représente une augmentation de 4,7% par rapport au budget 2007, a précisé le ministre. Une grande partie de ce montant est destinée au personnel. M. Vandeurzen veut recruter deux fois plus de personnel qu'en 2007. La plus grande partie est detinée aux établissements pénitentiaires (+626) et aux maisons de justice (+235).

Cette exécution des peines est le maillon final de la chaîne pénale après la prévention, les poursuites, et le jugement. M. Vandeurzen veut se concentrer sur 15 points pour rendre effective et efficace l'exécution de la peine. "Le plus urgent concerne l'exécution des peines: les prisons sont surpeuplées', a dit M. Vandeurzen. Il faudra rénover des prisons tandis que de nouvelles constructions sont prévues. "Construire des prisons n'est pas une solution à tout mais il faut prendre des mesures, et pas seulement à court terme", a ajouté M. Vandeurzen.

Selon les données de l'administration pénitentiaire, la capacité en 2007 était de 8.358 cellules et il y a un manque structurel de 1.500 cellules. Il faudra rénover et construire des cellules supplémentaires sur des sites existants et construire de nouvelles prisons, a indiqué le ministre. M. Vandeurzen veut également améliorer la mise en oeuvre de la surveillance électronique, qui, souligne-t-il, ne fonctionne pas aussi bien qu'auparavant. Le fait pour le condamné sous surveillance électronique de ne pas respecter le programme qui lui est imposé deviendra une cause de révocation de cette surveillance électronique. "Il faut être plus rapide sur la balle", a averti M. Vandeurzen.

Le ministre de la Justice veut continuer à investir dans la peine de travail comme alternative à la peine d'emprisonnement car celle-ci n'est qu'une solution ultime. Il a annoncé son intention de corriger le fonctionnement des tribunaux d'application des peines. Il estime qu'il faut prendre des mesures pour les quelque 3.000 internés et notamment faire en sorte qu'il ne soient pas privés des soins psychiatriques qui pourraient rendre possible leur réintégration. Pour les jeunes délinquants, M. Vandeurzen souligne qu'il sera particulièrement attentif aux jeunes auteurs de violence gratuite, aux multirécidivistes et aux jeunes souffrant de problèmes psychiatriques.

Pour M. Vandeurzen, il faut poursuivre le projet d'extension de 74 places à Everberg et, de manière concomitante, construire un centre fermé similaire (126 places) en Communauté française. M. Vandeurzen ne veut pas oublier les victimes qui doivent être mieux informées des modalités d'exécution des peines qui les concernent. Il compte également faire en sorte que les amendes pénales soient mieux perçues. "Il n'est pas normal que le taux de recouvrement soit si bas", souligne-t-il.

M. Vandeurzen veut encore s'attaquer au problème de l'arriéré à Bruxelles au niveau du tribunal de police et du traitement des dossiers financiers au pénal. Il compte engager une réflexion sur un éventuel allongement du délai de garde à vue de 24 à 48 heures. M. Vandeurzen souhaite voir comment il est possible de faire baisser le coût des analyses ADN qui jouent un rôle important dans l'identification des auteurs de délit. (belga)

Votre avis nous intéresse!