Henri Desramault, le père d'une victime présumée de Michel Fourniret.
Le père de Jeanne-Marie Desramault, une victime présumée de Michel Fourniret jugé devant la cour d'assises des Ardennes pour sept homicides aggravés au côté de son épouse et complice présumée Monique Olivier, a demandé mercredi à la cour que justice soit faite.
"Que la justice les punisse", a déclaré d'une voix faible Henri Desramault, veuf de 87 ans, en faisant référence aux époux Fourniret. Dans ce dossier, Michel Fourniret est accusé d'enlèvement, de meurtre précédé d'une tentative de viol. Monique Olivier est accusée d'être coauteur du meurtre et de complicité d'enlèvement et de tentative de viol. Ils ont tous les deux reconnu les faits en début d'audience. La vieil homme, cheminot à la retraite, amaigri et diminué s'est exprimé péniblement quelques minutes à la barre sur son fauteuil roulant avant de fondre en larmes.
Plus le courage de vivre
"Il n'a plus le goût de vivre. Il ne mange plus depuis le début du procès. Il est bourré de médicaments. (...) Je crains qu'il n'ait pas le courage de vivre après", a déclaré devant la cour Jenny Broukaert, une cousine de Jeanne-Marie Desramault, de nationalité belge. La parente de la victime a expliqué à la cour les démarches de recherche entreprises à la suite de la disparition de la jeune étudiante de 22 ans le 18 mars 1989 à Charleville-Mézières. Informée par les médias de l'arrestation de Michel Fourniret, c'est elle qui avait attiré l'attention des enquêteurs belges sur la disparition de sa cousine.
Fourniret prend la parole
Le corps de Jeanne-Marie Desramault a été découvert sur les indications de Michel Fourniret le 3 juillet 2004 dans le parc du château du Sautou (Ardennes), l'ancienne propriété du couple. Michel Fourniret a pris pour la première fois la parole spontanément mardi pour défendre son épouse et complice présumée Monique Olivier, alors qu'il refusait de s'exprimer jusque là faute de huis clos. Au deuxième jour de l'examen du meurtre de Fabienne Leroy, une étudiante de 20 ans tuée par balle le 3 août 1988 dans la Marne, Michel Fourniret a demandé spontanément au président de la cour d'assises, Gilles Latapie, la permission d'intervenir dans les débats.
Injections
"Je pense que Monique Olivier ne ment pas quand elle se tient à cette position-là", a-t-il déclaré, en faisant référence aux déclarations à la cour de son épouse, accusée dans ce dossier de complicité d'enlèvement, de viol et de meurtre. Interrogée longuement au cours de l'audience, Monique Olivier avait indiqué précédemment n'avoir pas pratiqué d'injection à la victime avant son meurtre. Elle avait également déclaré "ne pas avoir vu (son mari) faire les piqûres". Deux marques d'injection avaient été relevées au pli des coudes lors de l'autopsie du corps.
"Il ment"
"Elle était physiquement présente, mais moralement absente. Son esprit était à dix mille kilomètres de là. Elle n'a pas fait d'injection", a poursuivi le principal accusé pour répondre à Me Gérard Chemla, un des avocats de la famille Leroy, qui interrogeait à nouveau Monique Olivier sur sa présence dans la voiture à cette occasion. "Il ment. Il ment quant il dit que j'étais dans la voiture lorsqu'il a tiré", a fini par répondre Monique Olivier, après la déclaration de son mari, en passant sous silence l'épisode de l'injection. Depuis le début de l'examen des faits, Monique Olivier a répété qu'elle n'avait assisté ni au viol ni au meurtre de la jeune fille.
Selon l'accusation, les époux Fourniret l'avaient abordée sur un parking de supermarché. Ils avaient réussi à la faire monter à bord de leur véhicule au prétexte d'une recherche de médecin, alors que Monique Olivier était enceinte de huit mois. Le corps de Fabienne Leroy, avec une balle en pleine poitrine, avait été retrouvé le lendemain sur un terrain appartenant au camp militaire de Mourmelon-le-Grand (Marne). Depuis l'ouverture du procès le 27 mars, Michel Fourniret avait refusé de s'exprimer sur les faits faute de huis clos. (belga)


