"Le Sommet de Bucarest important dans la rénovation de l'OTAN"

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Par: rédaction
9/04/08 - 15h54

Le sommet de l'OTAN, la semaine dernière à Bucarest, a été une "étape importante dans la rénovation" de l'Alliance atlantique, a affirmé mercredi le Premier ministre Yves Leterme (CD&V), en dressant le bilan de cette réunion devant le parlement.

"Ce qui m'a frappé, c'est que sur les principaux points, les décisions ont été prises au plus haut niveau, après des débats animés. Aucune décision n'a été imposée, elles ont été prises par consensus", a-t-il affirmé devant les commissions des Affaires étrangères et de la Défense de la Chambre et du Sénat, en réponse aux questions de parlementaires. Le sommet de l'OTAN a décidé un nouvel élargissement en invitant la Croatie et l'Albanie à adhérer, tout en conditionnant l'admission de la Macédoine au règlement de son différend avec la Grèce à propos de son nom. Les dirigeants des 26 pays alliés ont toutefois refusé d'accorder à l'Ukraine et à la Géorgie le "Plan d'action en vue de l'adhésion" (MAP), ultime étape, sans garantie, avant une adhésion à terme.

Ils ont aussi décidé de poursuivre leur engagement en Afghanistan et admis pour la première fois que le projet américain de bouclier antimissile en Europe pourrait contribuer à la "protection des alliés" contre les missiles balistiques à longue portée, comme ceux dont se dote l'Iran. Selon M. Leterme, les Etats-Unis "n'ont pas pu imposer" leur agenda à leurs alliés - l'octroi immédiat du statut de candidats à l'Ukraine et à la Géorgie - et le président américain George W. Bush a admis qu'il serait bon que l'Europe se renforce, y compris en ce qui concerne sa défense.

Le Premier ministre a toutefois reconnu que la vocation de Kiev et de Tbilissi était d'adhérer à terme, comme l'affirme le communiqué final du sommet. "Mais pour l'instant, les conditions ne sont pas encore remplies", a-t-il souligné, expliquant que la Géorgie abritait deux "conflits gelés", l'Ossétie du sud et l'Abkhazie, deux régions séparatistes pro-russes. En Ukraine, l'adhésion à l'Alliance manque actuellement de soutien populaire. Le sénateur Josy Dubié (Ecolo) a répliqué que la Belgique et les pays opposés à l'octroi du MAP à Kiev et Tbilissi n'avaient "rien bloqué du tout", la question devant être réaxaminée en décembre par les ministres des Affaires étrangères.

En Afghanistan, où l'OTAN dirige la force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF, forte de près de 50.000 hommes), il reste "un bon bout de chemin à parcourir" et de "grands défis", a admis le chef du gouvernement, qui était flanqué de ses ministres des Affaires étrangères et de la Défense, Karel De Gucht (Open Vld) et Pieter De Crem (CD&V). Il a mis l'accent sur les progrès réalisés depuis le renversement du régime des talibans, en novembre 2001, notamment en termes de santé et d'enseignement. Les talibans ne sont plus en mesure de s'opposer conventionnellement aux forces internationales et à l'armée nationale afghane (ANA), alors que 70% des affrontements se concentrent dans 10% du pays, a assuré M. Leterme.

La culture de l'opium recule aussi dans les provinces pacifiées, a-t-il fait valoir. Il a toutefois insisté sur les efforts que devra encore consentir la communauté internationale au profit de l'Afghanistan avant d'envisager un retrait, qui passe par une "afghanisation" accrue.
C'est ainsi que le gouvernement Verhofstadt III a décidé le 1er février dernier l'envoi de renforts en Afghanistan - quatre avions de combat F-16 à Kandahar à partir du 1er septembre et une équipe d'une vingtaine d'instructeurs ("Operational Mentoring and Liaison Team", OMLT en jargon de l'OTAN) chargés d'encadrer l'ANA. Ces efforts supplémentaires ont été salués par les alliés, a déclaré M. De Crem, M. Leterme soulignant que la mission des F-16 pourrait être prolongée de six mois.

Plusieurs parlementaires, dont André Flahaut (PS), Dirk Van der Maelen (sp.a) et Josy Dubié, ont regretté que les trois ministres présents à Bucarest n'aient pas obtenu d'indication sur une "stratégie de sortie" de l'OTAN en Afghanistan. M. Leterme a rappelé que l'ISAF disposait d'un mandat de l'ONU. Et M. De Crem a cité le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, également présent à Bucarest, qui y a affirmé que "la communauté internationale devrait rester en Afghanistan aussi longtemps que les Afghans le souhaitent". (belga)

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