Fourniret reconnaît les faits mais ne livre rien
Le procès vu par Fourniret.
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contexte
Le tueur en série présumé Michel Fourniret a rompu sa résolution de mutisme plusieurs fois lors de son procès devant la cour d'assises des Ardennes mais il n'a pas apporté d'éléments décisifs sur les deux premiers meurtres de jeunes femmes examinés.
Pendant quatre jours, la cour a étudié le rôle respectif de Michel Fourniret et de son épouse Monique Olivier dans les meurtres de Fabienne Leroy, une étudiante de 20 ans, violée puis tuée par balle en 1988 dans la Marne, et de Jeanne-Marie Desramault, 21 ans, disparue en 1989 à Charleville-Mézières. Le meurtre de Jeanne-Marie, dont le corps avait été retrouvé lors de fouilles en 2004 au château du Sautou, une ancienne propriété du couple, est le seul parmi les sept homicides aggravés reprochés à Michel Fourniret, pour lequel Monique Olivier est accusée d'être co-auteur.
Dans les autres dossiers, l'ancienne garde-malade, 59 ans, est poursuivie pour complicité. Lors de l'examen des faits, l'ancien dessinateur industriel, âgé de 66 ans, a continué de réclamer le huis clos en échange de sa participation aux débats, se contentant d'un laconique "Je reconnais les faits" en début d'audience. Dès l'ouverture du procès le 27 mars, il avait brandi un écriteau: "Sans huis clos, bouche cousue". Il a néanmoins rompu sa résolution de mutisme à plusieurs reprises, devant les tentatives des avocats des parties civiles qui se sont relayés pour l'interroger.
Lundi, Me Gérard Chemla, un des avocats de la famille Leroy, a tenté d'amadouer le tueur en série présumé en rappelant qu'il était également père de cinq enfants. Michel Fourniret a alors accepté de répondre à quelques questions par des hochements de tête, avant de se murer à nouveau dans le silence. Le lendemain, l'accusé a repris la parole spontanément pendant un bref instant pour défendre Monique Olivier, interrogée par l'avocat. En revanche, Michel Fourniret s'est violemment emporté lorsqu'il a été interpellé par Me Didier Seban, l'avocat de la famille Desramault. Dans sa fureur, l'accusé a confondu deux victimes, en citant l'affaire d'Estelle Mouzin, une fillette de 9 ans disparue en 2003 dans la région parisienne.
Mardi, Michel Fourniret a systématiquement opposé le silence et un regard haineux aux questions de l'avocat, qui l'a interrogé plusieurs fois sur sa vie sexuelle. "Je ne tente pas de l'amadouer, je le montre tel qu'il est, monstrueux. C'est probablement pour ça qu'il ne m'aime pas", a estimé Me Seban à l'issue de l'audience. Pour Me Chemla, Michel Fourniret est un "être complexe". "Il faut aussi essayer d'avoir des réponses", a-t-il expliqué en reconnaissant que les trois semaines d'audience n'avaient pas permis pour l'instant "d'aller plus loin que ce qui avait été dit pendant l'instruction".
De son côté, Monique Olivier a déclaré n'avoir assisté ni au viol, ni au meurtre de Fabienne Leroy. Elle a reconnu avoir pris part aux manoeuvres du couple pour mettre "en confiance" Jeanne-Marie Desramault, mais a nié avoir posé un élastoplast sur la bouche et le nez de la victime alors que Fourniret peinait à l'étrangler. "Comme Michel Fourniret ne parle pas, on charge Monique Olivier", a estimé un de ses avocats, Me Richard Delgenes, qui conteste l'accusation de meurtre contre elle.
Lundi, la cour d'assises examinera l'enlèvement et le meurtre, précédé d'une tentative de viol, de la seconde victime dont le corps avait été retrouvé en 2004 au château du Sautou, Elisabeth Brichet. Cette adolescente belge de 12 ans, avait disparu le 20 décembre 1989 à Saint-Servais près de Namur alors qu'elle rentrait chez elle. (belga/7sur7)