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Un conseil de sécurité aux TEC pour les agressions graves

Un conseil de sécurité verra le jour dans les TEC, a annoncé vendredi le ministre wallon des Transports, André Antoine. Cette instance sera composée de représentants des transports en commun wallons, du personnel, de la police, de la magistrature et, le cas échéant, de la commune concernée. Elle est appelée à se réunir dans les heures qui suivent une agression grave commise dans un bus des TEC pour coordonner l'intervention des différents acteurs, permettre qu'ils s'échangent les informations nécessaires et éviter que l'incident reste sans suite.

Harmonisation des poursuites
M. Antoine a annoncé la création de cet organe à l'occasion d'une table ronde consacrée à la sécurité dans les transports en commun. Il en ressort notamment que, malgré l'émotion qu'elles suscitent, le nombre d'agressions dans les TEC demeure faible et n'a pas augmenté considérablement ces dernières années. Depuis 2000, il se situe autour d'une moyenne de 101 par an. Les procureurs généraux de Liège et de Mons ainsi que le procureur du roi de Nivelles ont participé à cette manifestation. "Nous avons voulu montrer clairement aux TEC que nous ne banalisons pas du tout le sujet", a expliqué le procureur général de Mons, Claude Michaux. Le 26 février, le Collège des Procureurs généraux a d'ailleurs envoyé une circulaire aux différents Parquets pour harmoniser la manière dont sont poursuivis les auteurs d'infractions dans les transports en commun.

"Répression rapide, systématique, diversifiée"
Le message véhiculé est celui de la fermeté même si elle doit être nuancée en fonction des faits et des personnes. "La répression doit être rapide, systématique et diversifiée. Nous ne voulons pas entendre parler de tolérance zéro mais nous voulons être efficaces", a souligné le procureur général de Liège, Cédric Visart de Bocarmé. La Région wallonne a pris de son côté un certain nombre d'initiatives. Depuis plusieurs années, les bus sont équipés de différents systèmes de sécurité (cabines fermées, caméras, etc.). D'ici 2011, 90 pc du parc des TEC disposera du matériel adéquat, a indiqué M. Antoine. L'effectif des contrôleurs a augmenté de 44 unités -soit 30 pc- en dix ans, des assistants de prévention et de sécurité ont été engagés (même si leur nombre stagne à 88), il est obligatoire de monter dans les bus par l'avant, etc. Un décret voté il y a peu au parlement permet en outre d'infliger des sanctions administratives aux auteurs d'incivilités et permet dès lors de décharger les Parquets de ce genre d'incidents.

"Laissons la chance au dialogue"
Quelques idées ont aussi été écartées, comme celle d'un service d'intervention "musclé" disposant de menottes et de sprays défensifs. Aux yeux des TEC, un tel dispositif risque de donner un faux sentiment de pouvoir tant le ministère de l'Intérieur a drastiquement limité l'usage d'un tel dispositif et de s'avérer tout à fait inopérant face à des phénomènes comme celui des bandes urbaines. "Le service d'intervention n'a pas et n'aura jamais les mêmes pouvoirs que la police, seule à même d'utiliser la force pour maintenir l'ordre public", estiment les TEC.

La Région va par ailleurs intensifier ses efforts sur le plan de la formation des agents, en particulier pour gérer le stress en cas d'incident, et de la communication. Pour ne pas donner l'impression d'une impunité des auteurs d'agression, la victime, mais aussi les autres agents, seront ainsi informés de la sanction que la justice a prononcée par le biais d'un affichage dans la salle de garde des chauffeurs. Le "conseil de sécurité" s'inscrit dans le même cadre. Pour qu'il puisse fonctionner, il est toutefois capital que les agressions ne soient plus suivies de mouvements de grève spontanés, a averti M. Antoine. "Laissons la chance au dialogue, asseyons-nous d'abord autour d'une table. La grève n'apporte pas de solution", a-t-il ajouté. (belga/7sur7)

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