Le ministre de la Défense Pieter De Crem veut s'inscrire dans la ligne budgétaire générale du gouvernement à savoir l'assainissement des finances publiques. "Pour cela il faut utiliser les moyens de la façon la plus efficace possible", a-t-il dit. Il veut aussi une armée qui se recentre sur les opérations.
Dans la note de politique qui accompagne le budget de la Défense - dont l'essentiel avait déjà paru dans la presse samedi - et que M. De Crem a présentée lundi devant la Commission de la Défense de la Chambre, il prône notamment une accélération de la réduction du personnel. Le ministre veut arriver à un chiffre de 37.725 militaires pour 2011 alors que le plan initial prévoyait que cet objectif devait être atteint pour 2015. Pour cela le ministre veut, comme par le passé, favoriser les transferts vers d'autres départements et les mises en disponibilité.
Sur ce dernier point, Pieter De Crem a souligné qu'il est toujours en négociation avec l'Etat-Major. "Dans ma note de politique qui déterminera la politique pour les quatre années à venir, je présenterai un tout nouveau concept", a-t-il dit. L'accélération de la diminution du personnel fera baisser son coût global. Il aura aussi pour effet un rajeunissement des cadres et donc un personnel plus souple pour répondre aux missions à l'étranger. Le rajeunissement diminuera également le coût. Le ministre a aussi confirmé sa volonté de diminuer de 20 pc le nombre de généraux et de développer le concept de carrière mixte. Cette opportunité, a-t-il rappelé, n'offre toutefois pas de solution au problème de personnel car les premiers effets tangibles ne se feront sentir qu'en 2015.
Par ailleurs, le ministre a aussi indiqué qu'il était en négociation avec son collègue de la Justice Jo Vandeurzen pour organiser au mieux un système de "vases communiquant entre la Défense et la Justice". Cela concernerait quelque 1.500 personnes. Pieter De Crem a par ailleurs souligné que pour boucler son budget tout en répondant aux besoins de l'armée et lui permettre de poursuivre ses tâches il doit utiliser tous les moyens dont il dispose et notamment poursuivre les ventes de matériels et de bâtiments. Il s'est dit assuré d'avoir 100 millions de ces ventes en 2008. La note fait aussi allusion aux différentes missions à l'étranger assurée actuellement par l'armée. A propos du Liban, M. De Crem a dit que l'opération ferait l'objet d'une évaluation. Il a aussi rappelé que le gouvernement Verhofstadt III avait décidé une plus grande implication en Afghanistan.
Le débat qui a suivi cette présentation a surtout permis aux parlementaires de poser des questions pour obtenir des informations supplémentaires sur l'un ou l'autre point. Il a aussi été l'occasion pour l'ancien ministre André Flahaut (PS) de répondre aux attaques lancées par Pieter De Crem contre sa politique dans une interview parues samedi. Le nouveau ministre y critiquait notamment la politique africaine de la Défense et disait que l'armée était devenue sous son prédécesseur une ONG humanitaire qui faisait ses choix "en fonction de l'Internationale socialiste".
A propos de la politique africaine de l'armée, M. Flahaut a regretté que son successeur n'ait pas attendu d'avoir été au Congo avant "d'émettre des considérations caricaturales frisant l'idiotie par leur caractère sectaire relevant d'une autre époque". Et ajouter: "Croyez-vous que je vais vous accuser d'aller renforcer l'action remarquable des religieux blancs ou du réseau mutualiste chrétien lorsque vous irez au Congo?" La députée Open Vld Hilde Vautmans a incité les deux hommes à enterrer la hache de guerre. "Utilisons notre énergie autrement", a-t-elle lancé. (belga)
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