Philippe Moureaux, le numéro deux du PS, appelle son président Elio Di Rupo, dans une interview accordée mardi au quotidien Le Soir, à renvoyer à Namur le secrétaire d'Etat Frédéric Laloux, empêtré dans une affaire de plein d'essence.
"Ce garçon, on l'a exposé. On lui rendrait un service en corrigeant le tir", estime M. Moureaux. Frédéric Laloux, secrétaire d'Etat à la lutte contre la pauvreté, fait l'objet d'une information judiciaire pour avoir abusé de la carte carburants de la Ville de Namur, lorsqu'il était échevin des Sports.
Sur un ton ferme et peu diplomatique, le vice-président du PS s'adresse à Elio Di Rupo: "Je l'engage à donner une ligne claire (au parti, ndlr). Qui va nous coûter dans l'immédiat, mais qui nous portera plus loin. Plutôt que de faire des choix frileux qui vont nous couper de toute perspective d'avenir".
M. Moureaux assure ne mettre personne en cause. Il pense de manière générale "aux dérives et aux pratiques, et aux règles éthiques qui sont les nôtres" et incite le président du PS à se montrer plus sévère avec ces dérives et pratiques. "C'est le moment d'indiquer clairement à l'opinion publique que le parti n'accepte plus ce genre de choses" et que "ceux qui ne sont pas d'accord fassent un pas de côté ou aillent voir ailleurs".
Philippe Moureaux estime par ailleurs que le "dernier casting gouvernemental du PS est un échec" et demande à M. Di Rupo de "réparer ses erreurs dans ses choix". Il suggère qu'"en modifiant légèrement (le casting), il (le gouvernement) peut retrouver une pertinence incontestable".
Il estime que le problème du PS, ce sont les "affaires", des événements "que l'on a résumés imprudemment et injustement à ceux de Charleroi". Ce problème est "faux en partie et très exagéré". "A un an et demi des élections (régionales), j'espère provoquer le sursaut qui permettra de dire: 'le PS ce n'est pas les affaires, c'est le message social et l'action'", conclut Philippe Moureaux. (belga)


