MISE À JOUR
Des extraits d'une vidéo d'aveux de Michel Fourniret et de son épouse et complice présumée Monique Olivier, filmés par la police belge en 2004, ont commencé à être diffusés ce mardi devant la Cour d'assises des Ardennes lors de l'examen du meurtre d'Elisabeth Brichet.
Extraits
Enlevée le 20 décembre 1989, la jeune Namuroise de 12 ans a été emmenée chez les Fourniret où elle sera étouffée avant d'être étranglée. "Ca va très vite. Il n'y a pas de détermination à partir du moment où la résistance se manifeste. Je dois contrer cette résistance, la faire taire", dit Michel Fourniret dans cet aveu vidéo filmé du 15 juillet 2004.
Elisabeth lui demande d'arrêter, disant qu'elle doit rentrer chez elle. "Le sac et là et l'enchaînement se fait de lui-même. (...) Sac égale asphyxie", dit Fourniret sur un ton glacial. Et de poursuivre après un long silence: "Elle exprime sa désapprobation, sa distance. Cela devient un combat. Vous êtes un combattant. La mission d'un combattant est de prendre le dessus. Pas de se rendre, mais de vaincre l'adversaire", dit, dans ses auditions vidéo-filmées, Michel Fourniret de sa mise à mort d'une fillette de 12 ans.
"Il y a nécessité de faire taire Elisabeth", explique, sur un ton philosophe et détaché, Michel Fourniret dans ses auditions vidéo-filmées. Il est alors assis sur une chaise, situé dans le coin d'une petite salle d'audition, régulièrement les bras croisés. Il s'exprime sur un ton détendu, avec un souci pour le détail et en rationalisant son comportement. "Sa nécessité apparaît pour l'impunité, pour faire taire les contestations, pour faire taire les regards", dit-il de la mise à mort d'Elisabeth.
Interrogé dans ses auditions vidéo-filmées sur l'enfouissement du corps sur les terrains du château de Sautou, Michel Fourniret reste distancié. "Je me retrouve seul par rapport au technicien que je suis. C'est le côté rationnel de l'individu qui s'exprime", dit-il.
Interrogatoire
Le film, d'une durée totale d'une quarantaine de minutes, est une succession d'extraits de deux interrogatoires de plus de cinq heures menés par la police judiciaire de Dinant (Belgique) qui avait recueilli les aveux de Monique Olivier puis de ceux de Michel Fourniret en juillet 2004. La loi du 2 août 2002 permet de filmer les interrogatoires de suspects sur autorisation du juge d'instruction.
"C'est une technique récente en Belgique. Cela permet de voir les expressions, les mimiques, les attitudes qui peuvent compléter un texte sec" de procès verbal, a expliqué Me Jean-Maurice Arnould, l'avocat belge de Marie-Noëlle Bouzet, la mère de la victime. "Ce n'est pas une pièce à conviction, c'est une pièce du dossier", a-t-il ajouté.
Depuis lundi, la Cour d'assises examine l'enlèvement et le meurtre d'Elisabeth Brichet, une adolescente belge de 12 ans, disparue près de Namur en 1989. Michel Fourniret a reconnu lundi, mais sans en dire plus, le meurtre de la fillette, dont la mère est venue à la barre dénoncer "l'incurie" des justices belge et française.
Viol contesté
En début d'audience, l'accusé a reconnu l'enlèvement et le meurtre de l'adolescente. Il a néanmoins contesté la tentative de viol, comme il l'avait fait lors de l'instruction en revenant sur ses premiers aveux. Dans ce dossier, son épouse Monique Olivier, qui a également reconnu les faits, est renvoyée pour complicité.
Comme d'autres confrères avant lui depuis le début du procès, l'avocat du père d'Elisabeth a tenté d'amorcer un dialogue avec l'accusé, sans résultat. A Me Paul Lombard, qui lui demandait de "tracer un portrait" de la jeune fille, Fourniret a répondu, après une brève hésitation, en réitérant son exigence de huis clos.
L'adolescente belge, la plus jeune des sept victimes que Michel Fourniret est accusé d'avoir violé ou tenté de violer puis tué, avait été enlevée le 20 décembre 1989. Elle rentrait chez elle à pied après avoir passé l'après-midi chez une amie. Selon l'accusation, Michel Fourniret l'aurait abordée et convaincu de monter dans son véhicule au prétexte de la recherche d'un médecin. Il aurait tenté une première fois de la violer à son domicile à Floing (Ardennes), où se trouvait son épouse.
Le lendemain, il l'aurait transportée dans le coffre de sa voiture avec Monique Olivier jusqu'au chateau du Sautou à Donchery, l'ancienne propriété du couple, où il aurait une nouvelle fois essayé de la violer. Il l'aurait ensuite étranglée après avoir tenté de l'étouffer avec un sac plastique. Son corps n'avait été découvert qu'en juillet 2004 lors de fouilles effectuées dans le parc du domaine du Sautou sur les indications de Fourniret.
Procès "franco-belge"
Le meurtre d'Elisabeth Brichet est le seul qui concerne une victime belge. En juin 2005, un accord entre les justices belge et française avait permis que les sept dossiers actuellement jugés soient regroupés en France pour un procès unique "franco-belge" à Charleville-Mézières. (afp)


